Discours et communiqués de presse


Hommage de Christine Albanel à Hubert Gignoux

mercredi 27 février 2008

Avec Hubert Gignoux, nous perdons l'un des pionniers de la décentralisation théâtrale, un comédien et un metteur en scène remarquable. Il vivait son métier, sa vocation, comme une véritable mission dont les implications humaines et sociales ne pouvaient être dissociées des perspectives
esthétiques.
Il avait fait ses classes dans la troupe des Comédiens routiers. Prisonnier pendant la guerre, mais toujours aussi fou de théâtre, il aura l'idée de mettre à profit ses premières expériences des planches et de monter des spectacles de marionnettes. Cet apprentissage difficile mais fructueux, dans des conditions douloureuses, lui permettront, à la Libération, de mettre au point la formule des stages de formation destinés au Théâtre amateur.
En 1949, à la suite de Jeanne Laurent, il s'était enfin lancé dans la grande aventure de la décentralisation théâtrale en créant le Centre dramatique de L'Ouest, à Rennes.
Mais c’est au Théâtre national de Strasbourg (TNS), dont il fut le directeur de 1957 à 1971 et dont une salle porte aujourd’hui le nom, qu' Hubert Gignoux mit pleinement en oeuvre son engagement au service de la décentralisation.
C'était vraiment un homme et un esprit de très grande qualité, pour qui la démocratisation de la culture n'était pas une simple formule, mais un rêve qu’il a réalisé chaque jour.