Avec Hubert Gignoux, nous perdons l'un des pionniers de la
décentralisation théâtrale, un comédien et un metteur
en scène remarquable. Il vivait son métier, sa vocation, comme
une véritable mission dont les implications humaines et sociales ne
pouvaient être dissociées des perspectives
esthétiques.
Il avait fait ses classes dans la troupe des Comédiens routiers. Prisonnier
pendant la guerre, mais toujours aussi fou de théâtre, il aura
l'idée de mettre à profit ses premières expériences
des planches et de monter des spectacles de marionnettes. Cet apprentissage
difficile mais fructueux, dans des conditions douloureuses, lui permettront,
à la Libération, de mettre au point la formule des stages de
formation destinés au Théâtre amateur.
En 1949, à la suite de Jeanne Laurent, il s'était enfin lancé
dans la grande aventure de la décentralisation théâtrale
en créant le Centre dramatique de L'Ouest, à Rennes.
Mais c’est au Théâtre national de Strasbourg (TNS), dont
il fut le directeur de 1957 à 1971 et dont une salle porte aujourd’hui
le nom, qu' Hubert Gignoux mit pleinement en oeuvre son engagement au service
de la décentralisation.
C'était vraiment un homme et un esprit de très grande qualité,
pour qui la démocratisation de la culture n'était pas une simple
formule, mais un rêve qu’il a réalisé chaque jour.