Avec la disparition soudaine et si prématurée de Farid Chopel,
nous perdons un comédien de très grand talent, l'un des plus
originaux et des plus attachants de sa génération.
La pièce qui l'avait fait connaître au public, au côté
de son compère Ged Marlon, il y a déjà plus de vingt
ans, s'appelait « L'aviateur ». Titre prédestiné.
Car nous avions alors découvert un comédien, une personnalité
au charme très subtil, doué d'une grâce vraiment aérienne.
Avec ses faux airs de Buster Keaton, Farid Chopel était de ces êtres
qui traversent la vie en danseur, avec une merveilleuse légèreté.
Et cette légèreté était d'autant plus touchante,
d'autant plus émouvante qu'elle n'était en rien de l'insouciance
mais bien plutôt un défi sans cesse relevé, une réponse
subtile, élégante, charmante, à la gravité de
la vie.