Avec Luciano Fabro, mort à 71 ans dans son atelier de Milan, disparaît lune des figures majeures de la scène artistique italienne et internationale.
Né à Turin, Luciano Fabro fut lun des protagonistes essentiels de lArte Povera, ce mouvement de la fin des années 1960 dont la singularité et la force resteront comme un moment majeur de la création contemporaine.
Sculpteur, mais aussi écrivain, enseignant et théoricien, Fabro aura, sa vie durant, travaillé et agi en poète. Profondément imprégné de culture classique, son oeuvre exigeante naura cessé de questionner les grands mythes et représentations de notre histoire.
Sensible à larchitecture comme à la synthèse des arts, Fabro aura construit une oeuvre inspirée et fragile, mêlant aux matériaux classiques à lépreuve du temps, la singularité dinstallations précaires et légères à même de questionner le rapport sensible de lartiste au monde.
Les collections publiques françaises (FNAC, FRAC, musées) conservent un ensemble hautement significatif de son oeuvre. Le Centre National dArt et de Culture Georges Pompidou lui avait rendu hommage par une exposition rétrospective. Sa présence à lexposition « La beauté » en Avignon avait été des plus remarquées. Le musée du Louvre, quil visitait encore la semaine passée, sapprêtait à fermer ce lundi la manifestation quil lui avait consacrée dans le cadre de « Contrepoint », manifestation qui fait dialoguer oeuvres du passé et oeuvres du présent.
Luciano Fabro avait aussi reçu commande, dans le cadre des décors pérennes du musée du Louvre, dune oeuvre quil allait réaliser pour lescalier sud de la Colonnade. On ne peut désormais quespérer que cette commande puisse voir le jour et témoigner à jamais de la singulière beauté de son oeuvre.