Discours et communiqués de presse


Hommage de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication,
à Régine Crespin

le 5 juillet 2007



J'apprends la disparition de notre immense Régine Crespin. Mon émotion est profonde et rejoint celle d'un monde musical aujourd'hui en deuil. En deuil d'une personnalité et d'une artiste exceptionnelles.

Régine Crespin fut une diva dans toute la noblesse de ce titre.

Régine Crespin aura été l'une des personnalités les plus rayonnantes de l'art lyrique, une des artistes grâce à qui il a retrouvé dans le monde entier un éclat et un prestige incomparables. Elle fut la soprano française la plus acclamée sur la scène lyrique internationale.

Comment ne pas évoquer aujourd'hui les grandes héroïnes du répertoire lyrique, Floria Tosca, Marguerite, Brünnehilde, et surtout peut-être la Maréchale, superbe et émouvante figure de femme, son rôle-fétiche, marquées désormais du sceau de son art et de son interprétation ? Régine Crespin leur a offert la puissance, la souplesse et le charme incomparable de sa voix, et son infinie sensibilité.

Un sentiment de chagrin sincère domine, au moment où nous quitte une personnalité aussi rare, qui sut témoigner en toutes circonstances d'une grande force de caractère, sans se départir jamais d'un humour, d'une simplicité et d'une affabilité exquises.

Un sentiment de respect et de gratitude aussi, car Régine Crespin rejoint désormais dans notre imaginaire et notre mémoire les héroïnes qu'elle a servies avec un constant dépassement de son art et d'elle-même.

Cette artiste inspirée a aussi permis que sa carrière éblouissante ne s'éteigne pas avec sa voix : Régine Crespin s'est dédiée, des années durant, avec rigueur et générosité, à l'enseignement et à la transmission, formant et guidant de nombreux jeunes chanteurs au Conservatoire de Paris et lors de nombreuses master-classes dans notre pays et dans le monde entier, et nous laissant ainsi en partage le précieux héritage de son aspiration à l’excellence.