Christine Albanel, ministre
de la Culture et de la Communication, tient à faire part de sa très
vive préoccupation après la décision de la Commission
européenne, prise le 16 juillet 2008, de remettre en cause certaines
clauses des accords passés entre les sociétés européennes
qui collectent les droits d'auteur pour la diffusion de musique sur Internet.
La Ministre souligne que les enjeux de cette décision pour la culture
et la création sont considérables, compte tenu du rôle
que jouent les sociétés d’auteur pour soutenir la diversité
culturelle, défendre les droits des créateurs, garantir leur
rémunération et rendre un service de qualité aux utilisateurs
des oeuvres culturelles.
Christine Albanel considère que la recherche d’une solution consensuelle
et efficace aurait dû être privilégiée, ce qui supposait
de ménager le temps nécessaire pour une large concertation associant
aux acteurs intéressés les différents services de la
Commission qui ont pris dans le passé des positions contradictoires
sur le dossier. La Ministre rappelle que les sociétés d’auteur
ont engagé des démarches concrètes afin de concevoir
et de mettre en place de nouveaux modèles conventionnels, et estime
qu’il est très regrettable que ce processus n’ait pu se
poursuivre sereinement.
La décision de la Commission est donc prématurée et risque
d’aggraver la forte insécurité juridique qui affecte d’ores
et déjà les licences délivrées pour l’exploitation
de la musique en ligne. Elle pourrait constituer en outre une réelle
menace pour la diversité culturelle. Enfin, il n’est pas établi
qu’elle bénéficiera aux consommateurs ou aux diffuseurs
de musique puisqu’elle pourrait entraîner le retrait des grandes
sociétés d’auteur du réseau d’accords de
réciprocité qui permet de faciliter la délivrance des
autorisations d’utiliser les oeuvres musicales.
La Ministre indique qu’elle va se rapprocher des acteurs concernés
et de ses homologues européens, afin d’envisager les suites qu’il
convient de réserver à l’initiative de la Commission.