Discours et communiqués de presse

 

Découverte d’un exceptionnel trésor monétaire romain du IIIe siècle dans les environs d'Arpajon (Essonne)

vendredi 28 novembre 2008


Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, salue la découverte d’un important trésor de monnaies de bronze du IIIe siècle dans les environs d'Arpajon en Essonne.
C’est à l’occasion de travaux de terrassement dans un pavillon dans les environs d'Arpajon (91) début novembre que ce trésor a été mis au jour.

Alerté par le propriétaire et la mairie, le Service régional de l’archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France est immédiatement intervenu avec l’aide de l’INRAP pour procéder au sauvetage archéologique. Lors de ces fouilles, une seconde céramique contenant la suite du trésor, encore en place et en partie intacte a été découverte.

La première céramique éventrée lors des travaux contenait près de 43 kilogrammes de monnaies. La seconde, prélevée en l’état et qui fera l’objet d’une fouille minutieuse en laboratoire semble de mêmes dimensions. Le trésor au complet devait peser environ 80 à 90 kg et contenir de 30 000 à 40 000 monnaies.
Une première analyse réalisée sur une centaine de monnaies (des antoniniens de cuivre) montre que celles-ci appartiennent principalement aux règnes des derniers empereurs de « l’Empire Gaulois » (Victorin et Tétricus – 269-274 ap. J.C.) et ont été émises par les ateliers monétaires de Trèves et de Cologne. On retrouve aussi les empereurs contemporains régnant à Rome (Gallien, Claude II et Quintille). Si les monnaies les plus récentes semblent appartenir aux dernières émissions de l’année 274, la présence d’imitations des monnaies officielles et la composition générale permettent d’envisager une datation plus récente de l’enfouissement du trésor (vers 280-283 ap. J.C.).

Il s’agit incontestablement d’un des plus importants trésors de monnaies de cette période jamais trouvés en France (le plus important - un trésor militaire - fut découvert en 1890 à Evreux et pesait 340 kg).

Le travail des archéologues et des numismates ne fait que commencer.
Les observations réalisées sur le terrain viendront utilement compléter les informations qui seront recueillies lors de la fouille en laboratoire de la seconde céramique et par l’étude des monnaies. Elles devront cependant être nettoyées avant de pouvoir être étudiées.

Rien n’aurait été possible sans, d’une part, le civisme du propriétaire qui a prévenu les autorités compétentes à temps et, d’autre part, le Service régional de l’archéologie et l’INRAP qui sont immédiatement intervenus pour procéder au sauvetage archéologique et scientifique de cet ensemble numismatique exceptionnel.