Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication a pris connaissance
de la décision par laquelle le Conseil d'Etat a annulé, ce jour,
le tarif de la rémunération pour copie privée applicable
à certains supports d'enregistrement.
La Ministre tient à souligner que les motifs de cette annulation ne
mettent pas en cause le montant de la rémunération qui avait
été fixé par la décision attaquée devant
le juge administratif. La censure du Conseil
d'Etat porte en effet sur ce qu'il considère comme une erreur de raisonnement
commise par la "Commission de la copie privée", instance
paritaire créée par la loi pour fixer le barème de ce
droit d'auteur et composée, d'une part, des représentants des
auteurs, artistes interprètes et producteurs qui bénéficient
de la rémunération et, d'autre part, des fabricants de supports
d'enregistrement et des consommateurs. La Commission, se fondant sur le silence
de la loi sur ce point, s'est en effet abstenue, pour établir les barèmes
de la rémunération, d'établir une distinction entre les
copies privées selon qu’elles sont réalisées à
partir de fichiers licites ou illicites.
Christine Albanel souligne par ailleurs que l'annulation prononcée
par le Conseil d'Etat ne prendra effet qu'à l'expiration d'un délai
de six mois et qu'elle n'implique donc aucun remboursement de la rémunération
pour copie privée déjà versée.
La Ministre se réjouit que l'action de la Commission de la copie privée
et la validité juridique de la rémunération, qui étaient
également contestées par les auteurs du recours, aient été
confortées par la décision du juge administratif suprême
français.
La rémunération pour copie privée étant un droit
d'auteur qui relève pleinement des compétences de la rue de
Valois, la Ministre rappelle enfin qu'elle soumettra très prochainement
à la décision du Premier ministre, conjointement avec le secrétaire
d'Etat chargé du développement de l'économie numérique,
une série de propositions destinées à améliorer
la qualité des travaux de la Commission de la copie privée qui
tiendront notamment compte de la décision du Conseil d’Etat.