Discours et communiqués de presse

Hommage à Alain Jacquet

lundi 08 septembre 2008

Avec Alain Jacquet, disparaît un créateur majeur de notre siècle, un peintre sans étiquette ni chapelle qui a su construire en marge des courants dominants, une oeuvre internationalement reconnue, marquée par la métamorphose et l’ambiguïté des images. Il aimait s’approprier des tableaux « classiques » de façon ludique en les maquillant pour leur donner l’apparence d’images de publicités et de magazines. Ainsi de son oeuvre la plus célèbre, « Le Déjeuner sur l’herbe » en 1964, qui reconstruit le tableau de Manet et qui pose les bases du « Mec Art »
(Mechanical Art) dont il est l’un des représentants majeurs.

Egalement célèbre pour ses sculptures en braille, où le point devient l’entité génératrice, et pour ces « peintures de visions » faisant subir d’étranges métamorphoses aux images du Globe terrestre avec l’aide de l’ordinateur, Alain Jacquet avait choisi depuis l’an 2000 d’inscrire son
talent au coeur même de nos villes : à Nice, au nouveau Musée d’art contemporain, et à l’université de Montpellier dans le cadre d’une importante commande publique, « Hommage à Confucius », représentant le langage binaire.

Son jeu subtil entre appropriation et détournement, intelligence et imagination, plaisait à tous. Sa manière toute particulière d’être au monde aussi, qui lui faisait dire : « Ce qui m’intéresse, c’est de prendre la peau de la terre, c’est à dire de la biosphère qui nous permet d’être là ».