Discours et communiqués de presse

Hommage de Christine Albanel à Simon Hantaï

mardi 16 septembre 2008

Avec la disparition de Simon Hantaï, le monde artistique perd l’un de ses guides, un peintre retiré et silencieux qui bien que couvert de gloire, s’était retiré très tôt de la scène artistique mondiale afin de poursuivre ses expérimentations en solitaire.
Il s’était vite dépouillé des influences du surréalisme de Breton puis de celles de Pollock et Mathieu, pour définir dès 1960 un procédé pictural entièrement neuf : « le pliage comme méthode », un principe illustré par les célèbres séries des Mariales, des Tabula ou des Meuns. « Je peins à l’aveugle, à tout hasard, jetant le dé », disait celui qui, abandonnant le châssis, pliait, froissait, nouait puis dépliait ses toiles méticuleusement, laissant apparaître la couleur dans l’espace laissé blanc du pliage.

Son oeuvre et sa personnalité attachante étaient devenus une référence pour beaucoup de jeunes artistes, qui grâce à lui ont inventé à leur tour des mouvements comme Support/Surface dans les années 70.
Nous avons la chance de posséder une soixantaine de ses oeuvres au Centre Pompidou, et de prouver ainsi, à ce grand Hongrois qui avait choisi notre pays pour créer et vivre, notre reconnaissance et notre
admiration.
A ses fils Pierre et Jérôme, tous deux musiciens et héritiers de son immense talent, j’exprime ma solidarité sincère et chaleureuse.