Discours et communiqués de presse


Hommage de Christine Albanel à Klaus Michael Grüber


lundi 23 juin 2008

Avec Klaus Michael Grüber disparaît un énigmatique et légendaire metteur en scène de théâtre et d’opéra, l’un des artistes les plus impressionnants de notre temps, celui dont chaque spectacle a forcé le respect, celui avec qui chaque acteur a rêvé de jouer.

Toute sa vie, Klaus Michael Grüber a tenté d’élargir les frontières du théâtre, de briser les conventions, de refuser les compromis. Créateur nomade et secret, il a travaillé en France, en Italie ou en Allemagne, son
pays d’origine, tout en restant fidèle à ses collaborateurs : les peintres Arroyo et Aillaud, le dramaturge Pautrat.
Il a fait ses débuts de metteur en scène chez Giogio Strehler au Piccolo Teatro de Milan. A partir de 1972, aux côtés de Peter Stein, il a porté au zénith la Schaubühne de Berlin et ses acteurs dont Bruno Ganz et Jutta Lampe et c’est en 1975 que la France le découvre avec un Faust-Salpêtrière présenté dans la chapelle de l’hôpital Saint-Louis.

Explorateur des marges et des limites du théâtre, il a souvent choisi de mettre en scène des poètes comme Hölderlin. Capable de faire chanter l’eau sur une scène d’opéra, son extrême sensibilité éclatait sur les plateaux lyriques, où ses mises en scène sublimaient toujours la musique qu’il servait avec respect et ferveur.
Klaus Michael Grüber était un artiste et un homme d’une élégance rare, dont l’humanité faisait de chaque mise en scène une rencontre, une histoire d’amour. Le manque qu’il laisse aux artistes qui l’ont connu et ceux qui auraient tant voulu le connaître, est immense.