Avec Christine Fersen disparaît une très grande
actrice, l'une des meilleures de sa génération. Elle avait été
engagée comme pensionnaire à la Comédie-Française,
il y a plus de quarante ans, en 1965. Elle en était sociétaire
depuis plus de trente ans et doyenne depuis 2007. La troupe de Molière,
perd l'une de ses personnalités les plus fortes, les plus brillantes,
une de celles qui portait une grande part de la mémoire de la maison.
Elle était à la fois un guide, un exemple, un conseiller précieux
pour ceux qui venaient d’être intégrés dans la troupe.
Etonnante actrice, elle a été admirable dans l'interprétation
du grand répertoire classique comme dans « Les Caprices de Marianne
» de Musset, « Six personnages en quête d’auteur »
de Pirandello, « Le Marchand de Venise » ou encore « Le
Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare, mais
elle était tout aussi convaincante, saisissante dans la défense
des auteurs d'aujourd'hui. On se souvient d’elle dans « Triptyque
» de Max Frisch, « Le Balcon » de Jean Genet, « Huis
clos » de Jean-Paul Sartre mais aussi dans « Elle est là
» de Nathalie Sarraute, pour l’ouverture du Théâtre
du Vieux-Colombier en 1993.
Chacune de ses interprétations, par sa force, sa subtilité,
sa profondeur, était comme une leçon de théâtre.
Sa carrière restera comme une leçon de vie.