Avec Jean Desailly, disparaît un grand monsieur de notre scène
française, un merveilleux acteur qui incarnait naturellement et à
un degré supérieur, la distinction et « le charme discret
de la bourgeoisie » dans chacun de ses rôles.
Il a marqué de son empreinte troublante des films aussi inoubliables
que « La peau douce » de François Truffaut ou « La
mort de Belle » d’Edouard Molinaro. Egal à sa réputation
dans « Les grandes familles » de Denys de La Patellière,
il a familiarisé les spectateurs mais aussi les téléspectateurs,
avec l’univers littéraire et social de Maurice Druon.
C’était un authentique homme de culture, qui a défendu
le grand répertoire au sein de la compagnie Renault – Barrault
et surtout de la Comédie française, où il forma avec
sa femme Simone Valère l’un des couples les plus célèbres
du théâtre français. Un véritable entrepreneur
aussi, qui a su prendre en mains les destinées du Théâtre
Hébertot et du Théâtre de la Madeleine. Toujours avec
ce sourire enchanteur et son style un rien désuet.