Le projet de loi organique relatif aux archives du Conseil constitutionnel
et le projet de loi relatif aux archives, présentés au nom du
Gouvernement par Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication,
ont été adoptés, en seconde lecture par le Sénat,
cet après-midi, après avoir été examinés
par l’Assemblée Nationale, le 29 avril dernier.
S’agissant des délais de communication des archives, il s’agit
d’une adoption définitive car les deux assemblées ont
abouti à un vote conforme. Seuls restent en navette, pour une dernière
lecture à l’Assemblée Nationale, deux articles à
caractère technique du projet de loi relatif aux archives.
La Ministre s'est félicitée des échanges autour de ce
texte entre le Gouvernement et le Parlement. Elle a souligné «
l'équilibre harmonieux » auquel étaient parvenues les
deux chambres pour concilier les « attentes légitimes des chercheurs
et du grand public » et la « nécessaire protection des
intérêts relatifs à la vie privée des personnes
et à la sûreté de l'État ».
Le projet de loi opère une très large ouverture de tous les
fonds d’archives : au lieu du délai minimum incompressible de
trente ans actuellement en vigueur, est instauré le principe d'une
communicabilité immédiate des archives publiques.
Des exceptions demeurent pour les documents qui mettent en cause certains
secrets protégés par la loi, qui sont alors soumis à
des délais de communication. Mais le nombre et la durée de ces
délais sont réduits de manière très sensible.
Ainsi, les documents aujourd’hui soumis à un délai 100
ans seront désormais accessibles à l’issue d’une
période de 75 ans : il s’agit par exemple des recensements de
l’INSEE, des dossiers judiciaires ou des registres de naissance et de
mariage de l’état civil. Les documents dont le délai de
communication est actuellement de 60 ans seront disponibles passés
50 ans : il s’agit notamment des documents couverts par le secret de
la défense nationale, de ceux qui se rapportent à la sûreté
de l’État ou encore qui portent atteinte au secret de la vie
privée.
Ne restent désormais incommunicables que les seules archives relatives
aux armes de destruction massive – compte tenu des risques que présenterait
leur diffusion.
La loi contient par ailleurs un volet relatif aux biens culturels dans leur
ensemble, qui constitue une réponse directe à la recrudescence
des vols et dégradations d’oeuvres intervenus à la fin
de l’année dernière – par exemple à la cathédrale
Saint-Jean de Perpignan ou au musée d’Orsay. A ce titre elle
réprime plus sévèrement les atteintes portées
aux biens culturels, en portant les peines d’emprisonnement encourues
en cas de vol ou de dégradation de 3 ans à 7 ans et en prévoyant
des amendes qui pourront représenter jusqu'à la moitié
de la valeur des biens volés, détruits ou détériorés.