A l’occasion de l’inauguration, le 4 mars 2008,
de l’exposition événement consacrée par le Centre
Georges Pompidou à l’oeuvre de Louise Bourgeois, Christine Albanel
a annoncé avoir reçu de Martin Bethenod le rapport qu’elle
lui avait commandé à la fin du mois d’octobre dernier,
portant sur les moyens de stimuler le dynamisme du marché de l’art
français et de renforcer l’attractivité de la place de
Paris par rapport à ses principales concurrentes – européennes
comme Londres ou Genève, ou non-européennes.
C’est déjà au Centre Georges Pompidou, le 24 septembre
2007, lors de la présentation de l’Adoration du Veau de Francis
Picabia, que Christine Albanel avait fait part de son intention de lancer
un véritable « Plan de renouveau pour le marché de l’art
français », comportant une première série de mesures
effectives dès la rentrée 2008.
La Ministre, qui a tenu à rendre un hommage appuyé à
la qualité du rapport remis par Martin Bethenod et au vaste travail
de consultation et de concertation mené par celui-ci et par les autres
membres de la mission, a rappelé que le Premier Ministre et le Président
de la République ont fait de la relance du marché de l’art
français l’un des thèmes majeurs de la lettre de mission
qu’il lui ont adressée le 1er août 2007. Elle a indiqué
qu’elle présentera donc à leur approbation, dans les tout
prochains jours, sur la base des préconisations du rapport Bethenod,
une série de mesures qui s’attaqueront à chacune des entraves
au dynamisme et à l’attractivité du marché de l’art
français. Christine Albanel a également confirmé son
intention de rendre le rapport public très rapidement, après
que le Premier ministre et le Président de la République auront
pris connaissance des conclusions qu’elle en tire et des propositions
qu’elle formule.
Christine Albanel a toutefois tenu à indiquer dès à présent
que les priorités autour desquelles s’organisent les préconisations
du rapport de Martin Bethenod sont cohérentes avec les analyses de
la lettre de mission qu’elle lui a adressée le 16 octobre 2007.
Le rapport souligne en effet – et il s’agit de son axe majeur
– la nécessité de conforter et de valoriser le rôle
des collectionneurs et d’accroître leur nombre. La Ministre a
indiqué qu’elle proposerait, à ce titre, de renforcer
l’ attractivité du mécanisme de soutien à l’achat
d’oeuvres d’artistes vivants par les entreprises et d’étendre
son bénéfice à des acteurs actuellement non couverts
comme, par exemple, aux entreprises individuelles, aux professions libérales,
voire aux particuliers. Le mécanisme de la dation en paiement, ainsi
que le dispositif fiscal prévu au bénéfice des entreprises
pour la conservation sur le territoire des « trésors nationaux
», devraient également faire l’objet de propositions de
sa part.
Christine Albanel a estimé que le rapport confirme
en outre la nécessité d’alléger et de moderniser
la réglementation applicable à l’activité de ventes
volontaires publiques – selon des modalités cohérentes
avec le cadre communautaire, notamment la directive « Services »
qui est en cours de transposition. Selon la Ministre, il est évident
que les professionnels français devront disposer, à l’issue
de l’exercice de transposition, des mêmes outils que leurs homologues
européens.
S’agissant de la compétitivité de la place de Paris par
rapport à ses principales rivales, Christine Albanel a indiqué
que le rapport Bethenod la confortait dans sa volonté de réduire
les différentes distorsions de concurrence procédant du droit
de suite en mettant à profit l’élaboration, par la Commission
européenne, d’un rapport d’évaluation du dispositif
qui doit être remis au Parlement européen au plus tard le 1er
janvier 2009.
La Ministre a enfin indiqué que ses propositions devraient permettre
de mieux connaître et de sécuriser les professionnels du marché
de l’art.
Christine Albanel envisage ainsi de développer les outils statistiques
sur le marché de l’art, de simplifier l’obligation de tenue
de certains documents administratifs par les professionnels, d’ouvrir
à ceux-ci l’accès aux bases de données utilisées
par les services de l’État dans leur lutte contre le trafic illicite
de biens culturels et d’engager auprès des autres Etats membres
de l’Union européenne une concertation pour harmoniser les réglementations
ayant pour objectif de faire échec à ce trafic.
Outre Martin Bethenod, commissaire général de la Foire internationale
d’art contemporain, la mission était composée de Catherine
Chadelat, conseiller d’État et membre du Conseil des ventes volontaires
de meubles aux enchères publiques, de Guy Cogeval, Président
nommé du musée d’Orsay, de Nathalie Moureau, agrégée
d’économie et maître de conférences à l’Université
de Montpellier III et de Laurent Vallée, maître des requêtes
au Conseil d’État qui en était le rapporteur.