Discours et communiqués de presse

Hommage de Christine Albanel à Ingmar Bergman

30 juillet 2007

Ingmar Bergman laisse au patrimoine cinématographique mondial une œuvre universelle et immortelle, celle d’un extraordinaire peintre de l’âme et des passions humaines qu’il a su rendre visibles. Celle d’un immense cinéaste européen.

Animé par la recherche du sens de l’existence, son cinéma est la métaphysique faite film.

Il aura entrepris, au long de son œuvre, la traduction -par des images d’une simplicité et d’une évidence bouleversantes -des questions les plus essentielles que la vie nous pose.

Tous ses films gardent la marque d’une beauté plastique saisissante, fruit d’une esthétique rigoureuse, quel qu’en soit le sujet.

On ne peut oublier les regards si expressifs des acteurs qui lui étaient fidèles et l’ont servi avec talent, comme Bibi Andersson, Liv Ullman, Ingrid Thulin, Erland Josephson et tant d’autres qu’il avait su diriger avec un sens aigu du jeu.

Il a créé ainsi un univers capable de transcender les genres du cinéma et du théatre pour atteindre la plus grande vérité de l’art, celle qui nous est indispensable.

Tantôt inquiétant, voire terrifiant, dans le « 7è sceau », tendre ou émouvant dans « Fanny et Alexandre » ou « Sonate d’automne », bouleversant sans jamais frôler le pathétique dans « Cris et chuchotements », il savait aussi, comme aucun autre transmettre l’émerveillement du spectacle, comme dans « La flûte enchantée ».

Son dernier film, magnifique « Sarabande », où à 86 ans, ce maître de l’image s’essayait à la technologie numérique, avait révélé il y a trois ans un talent absolument intact et étincelant

Il lègue au public du monde entier une œuvre appelée à traverser le temps, par sa perfection plastique, sa haute exigence artistique, et l’intelligence de son regard sur la société et l’humain. L’art cinématographique perd aujourd’hui l’un des ses plus grands créateurs.