Etats généraux de la presse écrite : les mesures mises en oeuvre

mercredi 17 juin 2009

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Christine Albanel présente les mesures mises en œuvre depuis la conclusion des Etats généraux de la presse écrite lors d'une conférence de presse le 17 juin.

Un plan sur trois ans. Christine Albanel a présenté les mesures mises en œuvre depuis la conclusion des Etats généraux de la presse écrite lors d'une conférence de presse le 17 juin. Pour cette mise en œuvre, plus de 150 millions d’euros ont été inscrits en loi de finance rectificative et s’ajoutent aux 277 millions déjà inscrits en 2009 sur la mission presse du ministère de la Culture et de la Communication.
Pour répondre aux enjeux structurels et conjoncturels, le Président de la République a présenté, suite aux Etats généraux de la presse écrite, un plan sur trois ans qui correspond à une enveloppe budgétaire globale de 600 Millions d'euros de 2009 à 2011. Il reprend pour l’essentiel les recommandations issues du Livre vert rédigé par les 150 participants aux Etats généraux.

Les mesures mises en œuvre. Une trentaine des mesures annoncées à l’issue des Etats généraux de la presse écrite impliquent l’Etat. Elles concernent plusieurs ministères et sont placées sous la coordination de la Direction du Développement des Médias, et du ministère de la Culture et de la Communication en liaison avec les services de l’Elysée.
Parmi les mesures déjà prises : le doublement des dépenses de communication institutionnelle de l’Etat dans la presse, le vote d’une nouveau cadre juridique des droits d’auteur des journalistes, la création d’un statut d’éditeur de presse en ligne, les mesures de soutien massif au portage à domicile ou encore l’extension du dispositif en faveur du mécénat de presse.
Parmi les mesures à prendre d'ici le mois de décembre : Finalisation des décrets d’application éditeurs de presse en ligne, réforme de la distribution, mesures d’accompagnement suite aux négociations sur le nouveau contrat social de l’impression en presse quotidienne nationale, lancement de l’opération « abonnement 18 ans », installation du Fonds Service en Ligne...

Deux réponses urgentes. Face à la crise, deux mesures d'urgences ont été prises :
- Neutralisation des augmentations tarifaires postales prévues en 2009 (depuis le mois de février)
- Réorientation des dépenses publicitaires institutionnelles de l’Etat en faveur de la presse (dès février).
En complément de ces mesures voulues par les Etats généraux et le Président de la République, et pour répondre à la détresse économique des titres les plus faibles, sur le modèle de l’aide d’urgence décrétée en 1993, le ministère de la Culture et de la Communication envisage de doubler les crédits inscrits au Fonds d’aide aux Quotidiens à Faible Ressource Publicitaire (QFRP) qui passeraient de 7 à 14 millions d’euros.

Huit chantiers structurels. Suite aux Etats généraux de la presse écrite, les orientations qui se sont dessinées sont :
1. Accompagner le virage stratégique du numérique
2. Moderniser la vente au numéro
3. Soutenir massivement le portage
4. Négocier un « nouveau contrat social » et abaisser les coûts d’impression français en les ramenant au niveau des standards européens.
5. Défendre les valeurs et les métiers du journalisme et restaurer le lien de confiance avec les lecteurs
6. Renforcer les fonds propres des entreprises de presse
7. Reconquérir le lectorat au travers de mesures d’encouragement à la lecture pour les jeunes.
8. Repenser la gouvernance des aides publiques autour d’une réflexion prospective.

Prochain rendez-vous. Concernant la réforme des conditions de la vente au numéro et de sa chaîne logistique, et compte tenu de l’urgence des solutions à apporter, Christine Albanel réunira tous les acteurs de la profession à la mi-juillet « afin de faire un bilan des actions à entreprendre, et porter une réforme globale de la distribution de la presse, que ce soit au niveau de sa régulation économique ou au niveau la réforme du réseau de dépositaires ».
Christine Albanel a encore souligné l’importance de l’enjeu, puisqu’il «  s’agit de répondre aux difficultés économiques de nombreux dépôt de presse, réaliser les économies nécessaires pour rétablir leur situation et dégager les moyens financiers nécessaires à la revalorisation de la rémunération de l’ensemble du réseau de diffuseurs. »

Les origines de la crise économique de la presse. Le diagnostic fait par les Etats généraux de la presse écrite porte sur :
- un système de distribution inadapté aux exigences du marché : flexibilité, libéralité de commerce,….
- un système qui dévalorise le métier de vendeur, et dont la rémunération favorise plus la chaîne logistique que le vendeur lui-même
- des coûts d’impression supérieurs de 30 à 40% à la moyenne européenne et une presse qui répond mal aux attentes de ses lecteurs.
La crise actuelle aggrave les handicaps structurels : nombre de titres de presse sont fragilisés par la baisse des recettes publicitaires.

 


Le dossier de presse

L'historique des Etats généraux de la presse écrite

 

Crédit photo: Didier Plowy/MCC