Discours et communiqués de presse

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, rend public le rapport que lui a remis Alain Auclaire sur la diffusion culturelle du cinéma et l’éducation à l’image

10 décembre 2008

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En février 2008, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, a confié à Alain Auclaire la mission de formuler des propositions visant à améliorer la complémentarité et la cohérence des actions menées en faveur de la diffusion culturelle du cinéma, de l’aménagement cinématographique du territoire et de l’éducation à l’image.

Alain Auclaire a remis son rapport qui comprend 22 propositions.

En préalable, Alain Auclaire rappelle que la politique publique mise en œuvre en faveur du cinéma n’oppose pas l’économique et le culturel.

L’état des lieux de la diffusion culturelle du cinéma couvre le marché des salles classées art et essai, les festivals, les ciné-clubs et les principales associations de diffusion culturelle. Le réseau art et essai s’étend sur tout le territoire, ce qui en fait un élément irremplaçable pour le développement de l’éducation au cinéma. Les festivals sont devenus un mode normal de diffusion du cinéma pour les films qui ont les plus grandes difficultés d’accès au public. Les ciné-clubs contribuent à la formation de la culture cinématographique. Pour ces acteurs, le rapporteur propose les mesures suivantes :

• pour les salles art et essai, accroître l’effet d’incitation des labels intervenant dans le classement art et essai ;
• ouvrir une réflexion collective pour définir des règles de comportement juridique et économique des festivals ;
• moderniser le régime juridique et économique des ciné-clubs.

La diffusion culturelle du cinéma assure une fonction de recherche et de prospection mais elle est peu rémunérée par le marché ; elle fait donc appel au soutien de l’Etat et des autres collectivités publiques. A ce sujet, le rapporteur recommande une meilleure coordination budgétaire entre le ministère de la Culture, ses directions régionales des affaires culturelles et le Centre national de la cinématographie.

Douze des 22 propositions du rapport concernent le développement des dispositifs d’éducation au cinéma, qui est l’un des objectifs prioritaires de la politique d’éducation artistique et culturelle menée en partenariat par le ministère de l’Education nationale et le ministère de la Culture et de la Communication. Le rapporteur souligne que, compte tenu des évolutions intervenues dans la structure du public cinématographique entre 1993 et 2007 – notamment le déficit des tranches d’âge 15 / 25 ans et 25 / 34 ans – l’éducation au cinéma constitue un enjeu fondamental pour la transmission de la culture cinématographique et l’avenir du cinéma en salle

Les dispositifs d’éducation au cinéma, « Ecole et cinéma », « Collège au cinéma », « Lycéens et apprentis au cinéma », concernent 1.300.000 élèves. Ils proposent aux élèves, accompagnés de leurs enseignants, de découvrir des œuvres cinématographiques lors de projections organisées à leur intention dans des salles de cinéma. Les trois dispositifs font l’objet de cahiers des charges, signés entre le ministère de l’Education Nationale et le ministère de la Culture, qui définissent les missions de tous les partenaires et organisent le fonctionnement national et local des acteurs impliqués. Le ministère de la Culture, le CNC, les collectivités territoriales financent ces dispositifs ; le CNC en assure la coordination nationale.

Si le rapporteur souligne le succès des dispositifs, qui reposent sur le volontariat et l’engagement de tous les partenaires, ainsi que sur l’expérience et le savoir-faire professionnel des structures de coordination qui en assurent le fonctionnement, il propose de favoriser les conditions d’un changement de dimension. Ses recommandations sont les suivantes :

• Mettre en œuvre une nouvelle organisation du fonctionnement des dispositifs. Le CNC aurait une mission générale de définition et d’évaluation de la politique d’éducation au cinéma en liaison avec l’Education nationale. Le fonctionnement des dispositifs serait transféré aux coordinations régionales et les missions de l’Agence pour le développement régional du cinéma (ADRC) pourraient être étendues afin que l’association devienne coordination nationale et contribue à la fourniture de films pour les dispositifs d’éducation au cinéma ;

• Mobiliser à cette fin tous les partenaires : l’Education nationale, les institutions culturelles (cinémathèques, écoles de cinéma), les collectivités territoriales notamment au travers des conventions conclues entre l’Etat, les Régions, le CNC, les professionnels ;

• Pratiquer une plus grande ouverture dans le choix des films proposés et dans les méthodes d’accompagnement pédagogique, en privilégiant sur ce dernier point l’édition électronique ;

• Rechercher une meilleure complémentarité entre les système d’aides existants (aide sélective à la distribution, aide au tirage des copies de l’ADRC) et les dispositifs d’éducation au cinéma.

Alain Auclaire propose de fixer un objectif d’accroissement du nombre d’élèves participant aux opérations d’éducation au cinéma de 20 % par an pendant les cinq prochaines années, ce qui rejoint l’objectif de doublement fixé par le gouvernement .

Le rapport est disponible sur le site du ministère de la Culture et de la Communication et sur celui du Centre national de la cinématographie. Les propositions du rapport feront l’objet, dans les prochaines semaines d’une consultation de tous les acteurs concernés.

 

Alain Auclaire ancien président de l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son (Femis), est actuellement vice-président du Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication.