Discours et communiqués de presse

Hommage de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, à Héléna Bossis

17 aout 2008




Avec Héléna Bossis disparaît une très grande dame du théâtre, une comédienne inspirée, amoureuse de la scène, mais également, pendant un quart de siècle, depuis qu’elle dirigeait le Théâtre Antoine à Paris, une avocate d’une création théâtrale à la fois exigeante et accessible au plus grande nombre.
Elle s’était notamment illustrée dans La putain respectueuse de Jean-Paul Sartre, lors de sa création en 1946 au Théâtre Antoine, et dans Un tramway nommé désir de Tennessee Williams, aux côtés d'Arletty, dans son adaptation française de Jean Cocteau.
Elle avait également mis ses talents de comédienne au service du cinéma. On se souviendra du Diable souffle (1947, d’Edmond T. Gréville), du Destin exécrable de Guillemette Babin et de La Louve (1948 et 1949, tous deux de Guillaume Radot) et de La chair et le diable (1954, de Jean Josipovici).
Au milieu des années 1960, elle avait participé au tournage de Belphégor, la célèbre série télévisée de Claude Barma, avec Juliette Gréco et René Dary ; puis en 1970, de Tango de Jean Kerchbron, film télévisé, où elle joue aux côtés de Gérard Depardieu et Emmanuel Dechartre.
Reprenant le flambeau de sa mère, Simone Berriau, qui en avait assumé la direction pendant 41 ans, elle avait pris en 1984 la tête du Théâtre Antoine avec son époux, Daniel Darès. Elle y aura incarné la passion et l'exigence d'un théâtre privé dédié à la création.
On se souvient du Tartuffe, interprété et mis en scène par Jacques Weber, de Bel Ami d’après Maupassant, couronné par un Molière, ou encore de Délicate Balance d’Edward Albee, qui avait également reçu un Molière. On y découvrit également Yasmina Reza qui eut une grande place dans cette programmation, avec trois de ses pièces créées et jouées : Trois versions de la vie en 2000, Conversations après un enterrement en 2006 et, tout récemment, de janvier à mai 2008, Le Dieu du carnage, qui a connu un très grand succès.
Lors de la première du Dieu du carnage, Héléna Bossis faisait toujours partager son amour du plateau en évoquant, avec Daniel Darès, les souvenirs, photos, affiches, programmes, amassés dans leur bureau du Théâtre Antoine. La profusion de ces témoignages exceptionnels et la passion qui l'animait encore et toujours, provoquaient l'émotion et l'admiration devant une vie entière consacrée au théâtre.


 



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