Discours et communiqués de presse

Hommage de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication à Alexandre Soljenitsyne

04 aout 2008


Avec Alexandre Soljenitsyne, disparu hier à l'âge de 89 ans, s'éteint une voix qui s'éleva il y a plus de soixante ans, dès la fin de la seconde guerre mondiale, pour dénoncer les crimes du stalinisme, et que rien ne put ensuite éteindre. Ni l'emprisonnement et l'internement, ni l'exil, ni la menace de le priver de sa nationalité, ni même les menaces de mort, si claires, à travers les attentats contre sa personne ou celle de ses plus proches. Il appartient à l'histoire et à la philosophie politique de discuter de ce qu'il pouvait y avoir dans cette voix d'archaïque, voire, parfois, de réactionnaire. Cette voix fut celle de la liberté. Elle fut celle de la libération de toute une part de l’humanité. Plus peut-être que tout autre dans la période contemporaine, Soljenitsyne fit de la plus haute littérature une arme capable de faire s'effondrer les murs.
Une journée d'Ivan Denissovitch, publié en 1962, le Premier Cercle et le Pavillon des cancéreux lui valurent en 1970 un prix Nobel qu'il ne put recevoir qu'en 1974. C'est en France qu'en 1973, il publia avec l'Archipel du Goulag la description la plus implacable du système concentrationnaire soviétique.
Soljenitsyne est mort dans son pays, où il était revenu en 1994, et où il était considéré comme ce qu'il est : un des plus grands écrivains que la Russie contemporaine ait donnés au monde, dans la souffrance et la révolte, malgré la chape de plomb du totalitarisme et à cause d'elle.

 



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