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Discours et communiqués de presse
L'Etat accepte la dation du "mur" de l'atelier d'André Breton
13 février 2003

Le Ministre de la culture et de la communication, Jean-Jacques AILLAGON, annonce que l'Etat vient d'accepter la dation du "mur" de l'atelier d'André Breton, en paiement des droits de succession d'Elisa Breton, veuve de l'artiste. Le Ministre de la culture et de la communication tient à remercier son collègue Alain Lambert, Ministre du budget. Il remercie également pour son travail la commission interministérielle d'agrément pour la conservation du patrimoine artistique national, présidée par Monsieur Jean-Pierre CHANGEUX.

Extraordinaire "œuvre d'art total" composée de plus de 200 œuvres et objets rassemblés et organisés par André Breton, le "mur" était d'ores et déjà déposé dans la collection du Centre Georges Pompidou. Il était présenté dans l'accrochage de la réouverture du Centre, le 1er janvier 2000. Il figurait également dans l'exposition "La révolution surréaliste" présentée à Paris et à Düsseldorf. Alors que s'annonce la vente André Breton du mois d'avril, la dation du "mur" illustre l'action que mène l'Etat pour mettre à l'abri des collections nationales, en concertation avec la famille Breton, les ensembles les plus insignes de "l'atelier Breton"

Il est d'abord à rappeler que c'est André Breton lui-même qui décida le legs de toute sa correspondance à la bibliothèque Doucet, à l'exception de ses lettres à sa femme Elisa et à sa fille Aube. Par ailleurs, depuis 1975, soit plus de 25 ans, des achats ont eu lieu sans interruption par le Musée national d'art moderne, permettant la conservation et la présentation au public d'œuvres majeures de Miro, Tanguy, Ernst, Duchamp, Man Ray ou encore Dali, dont le "Guillaume Tell" a été acquis en 2002. En 1983, Elisa et Aube Elleouet-Breton ont en outre fait don au Musée national d'art moderne de "Hasard objectif", œuvre d'André Breton. En 1999, le musée du Quai Branly a, quant à lui, acquis un ensemble d'effigies et de masques primitifs présentés actuellement au Pavillon des sessions du Louvre.

Plus récemment, en même temps qu'elle annonçait son intention de mettre en vente le patrimoine Breton encore en sa possession, Aube Elleouet-Breton a fait part de sa décision de faire un don. Ce don est considérable. Il porte sur "la danseuse espagnole" de Miro, œuvre capitale et sans conteste la plus importante parmi celles dont elle était encore propriétaire, ainsi qu'un Matta et un Brauner exceptionnels pour le centre Georges Pompidou, et le bureau d'André Breton avec les objets qui l'accompagnent pour la bibliothèque Jacques Doucet.

Chacun sait que les collections Breton ne pouvaient pas, sans risque, rester dans un appartement de 80 m², au 3ème étage d'un immeuble de la rue Fontaine, au surplus inaccessible au public. Le souci de l'Etat est dans ce contexte de maintenir dans le patrimoine public les éléments essentiels de cet ensemble. Les ministres successifs qui y ont pris part ont fait leur devoir, et les réactions de certains d'entre eux ne manquent donc pas de surprendre.

Le Ministre de la culture et de la communication et Madame Elleouet-Breton ont été d'accord pour que la vente ait lieu à Paris. Cette localisation permettra à l'Etat de suivre cette vente avec toute la vigilance qui convient.


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