Tournefort est né à Aix-en-Provence, le 5 juin 1656.
Après la mort de son père, en 1677, il échappe
à l’état ecclésiastique auquel ce dernier
le prédestinait ; il peut, dès lors, se consacrer tout
entier à la botanique. Il herborise d’abord en Provence,
Dauphiné et Savoie, puis, de 1679 à 1680, séjourne
à Montpellier où il suit les leçons de Pierre
Magnol ; en 1681, il voyage en Catalogne durant plusieurs mois. Recruté
deux ans plus tard par l’intendant du Jardin royal des plantes,
Guy-Crescent Fagon, il commence alors une carrière partagée
entre l’enseignement à Paris, où il supplée
Fagon, et de longues herborisations ou voyages dans le midi de la
France, en Angleterre, en Espagne, au Portugal. En 1688, il est reçu
docteur en médecine par la faculté d’Orange et
entre en 1691 à l’Académie des sciences. Son premier
ouvrage, en trois volumes, Élémens de botanique ou Méthode
pour connaître les plantes, paraît en 1695. Cette même
année, il est reçu docteur par la faculté de
Paris, ce qui lui permet -d’exercer dans la capitale. Il publie
en 1698 un second livre, Histoire des plantes qui naissent aux environs
de Paris avec leur usage dans la médecine.
Tournefort est, à la fin de 1699, chargé par le roi
d’une mission au Levant pour y faire des observations sur l’histoire
naturelle, la géographie ancienne et moderne, le commerce,
la religion et les mœurs. Parti de Paris le 9 mars 1700, il ne
revient à Marseille qu’en juin 1702, après un
long périple jusqu’au mont -Ararat. Il rapporte un riche
herbier et les matériaux de sa Relation d’un voyage du
Levant, publiée après sa mort en 1717.
Nommé professeur au Collège royal en 1706 et au Jardin
du roi en 1708, il ne profite pas longtemps de ses nouvelles charges
: victime d’un accident sur la voie publique, il meurt à
Paris le 28 décembre 1708.
Dans l’histoire de la botanique, encore considérée
au début du XVIIIe siècle comme une science auxiliaire
de la médecine, Tournefort apparaît comme le créateur
d’une méthode de classification, claire et pratique,
qui a connu en Europe, jusqu’à Linné, un vif succès.
Il a fait largement progresser la notion de genre en botanique et,
en son temps, a joui d’une très grande réputation.
Yves Laissus
inspecteur général honoraire des bibliothèques
ancien directeur de la bibliothèque
du Muséum national d’histoire naturelle