Né à Blois où il fait au collège de brillantes
études, sorti de la seconde promotion de l’École
normale refondée par Napoléon, secrétaire de
Saint-Simon pendant trois ans, Augustin Thierry écrit dans
les journaux libéraux et devient historien pour défendre
sa cause. De 1817 à 1820, il rédige une série
d’articles rassemblés dans ses Lettres
sur l’histoire de France (1827) véritable manifeste
de la réforme historique sous la Restauration et la monarchie
de Juillet.
Sa conviction politique se nourrit d’une idée historique
: la dynamique nationale, qui culmine avec la Révolution, est
fondée sur la conquête des libertés : Gaulois
contre Francs, serfs contre seigneurs, tiers-état contre privilégiés.
Thierry appuie son projet sur une théorie, – «
la représentation immédiate du passé qui nous
a produits » – et sur une méthode, « le souffle
de la vie par l’union de la science et de l’art ».
Marqué par Walter Scott, Augustin Thierry a inscrit cette interprétation
de l’histoire dans de vastes narrations pittoresques et colorées,
L’Histoire de la conquête de l’Angleterre
par les Normands (1825), Récits
des temps mérovingiens (1840).
Devenu aveugle, « l’Homère de l’histoire
» (Chateaubriand) achève avec L’Essai
sur l’histoire et la formation des progrès du tiers-état
(1853) une œuvre tout entière consacrée à
la reconstitution de nos origines nationales.