Fils d’un cordonnier du quartier de la rue Mouffetard, Marin
Marais fut -baptisé à Saint-Médard, le 31 mai
1656. Grâce à son oncle, Louis Marais, vicaire à
Saint-Germain-l’Auxerrois, il bénéficia de 1667
à 1672, dans la maîtrise de cette autre paroisse parisienne,
d’une première éducation musicale, avant de devenir
l’un des meilleurs violistes de son temps. En six mois seulement,
il aurait surpassé en virtuosité son maître, le
fameux Sainte-Colombe. Ses remarquables compétences lui valurent
d’entrer dès 1676 dans l’orchestre de l’Opéra,
institution dirigée alors par le surintendant de la musique
du roi, Jean-Baptiste Lully. Auprès de ce puissant protecteur,
il ne tarda pas à être nommé en 1679 « ordinaire
de la musique de la chambre du roi » et à compléter
ses connaissances dans le domaine de la composition, s’imprégnant
du beau style des ouvrages lyriques qu’il était appelé
à interpréter.
Les tragédies en musique qu’il allait par la suite fournir
pour enrichir ce répertoire dramatique prendront toutes pour
modèles celles de Lully et de ses disciples : Alcide (1693),
écrite en collaboration avec le fils de son illustre prédécesseur,
Louis de Lully, puis Ariane et Bacchus (1696), son chef-d’œuvre
Alcyone (1706), célèbre pour sa tempête, et Sémélé
(1709). Marais se fit également connaître par ses trios
(1692), parmi les premiers en France, et par plus de six cents pièces
à une ou deux violes, qu’il publia dans cinq livres entre
1686 et 1725.
C’est à cette abondante production qu’il doit
surtout aujourd’hui sa renommée. Il n’y excelle
pas seulement dans la musique descriptive que viennent confirmer des
titres évocateurs : Le Tourbillon, Le Labyrinthe, Cloche ou
carillon, l’étonnant Tableau de l’opération
de la taille, où est livré le détail d’une
opération chirurgicale pour retirer un calcul. Il s’y
révèle aussi un poète et un créateur d’une
grande sensibilité quand il fait part dans ses « tombeaux
» du souvenir de personnes disparues, de Sainte-Colombe, de
Lully ou bien encore de « Marin le cadet », l’un
des dix-neuf enfants qu’il aurait eus après son mariage
en 1676 avec Catherine Damicourt. En cela, il apparaît comme
l’une des figures les plus attachantes du règne de Louis
XIV.