La double carrière de Coulomb se devine sur ce tableau et
s’explicite dans son titre : « Coulomb, 1736-1806, colonel
du génie… membre de -l’Académie des sciences…
». Le grand uniforme d’officier témoigne de sa
première vie d’ingénieur militaire. Le manuscrit
couvert de formules mathé-matiques dans sa main droite et l’instrument
dans sa main gauche mettent en scène la nouvelle alliance,
à laquelle il a contribué, au sein de la physique, entre
les mathématiques et les mesures de précision, au tournant
des XVIIIe et XIXe siècles.
Le nom de Coulomb est associé à une loi – la loi
exprimant la force entre deux charges électriques, ou bien
entre deux pôles magnétiques – et à un -instrument,
la balance de torsion dont le tube de verre protège un fil
d’argent de la plus grande finesse. C’est à la
suite de mesures effectuées à l’aide de cette
balance d’un nouveau type que Coulomb a énoncé
que les forces électriques et magnétiques suivent la
même loi que l’attraction gravitationnelle, à savoir
une décroissance en fonction inverse du carré de la
distance.
Grâce à sa formation dans une école militaire,
il a reçu un enseignement mathématique de haut niveau.
Sa pratique d’ingénieur du génie, qui l’a
amené à diriger plus d’un millier d’hommes
pour la construction des fortifications de Fort-de-France, l’a
confronté à divers problèmes techniques. Enfin
son goût pour les sciences, manifeste depuis sa jeunesse à
Montpellier, l’a amené à suivre de loin les activités
de l’Académie des sciences et à lui soumettre
divers mémoires. En intégrant l’Académie
en 1781, Coulomb pouvait quitter l’état militaire et
se consacrer aux sciences.
Ses travaux, qu’ils s’appliquent à des questions
techniques (calcul des voûtes pour les fortifications, raideur
des cordes marines, moulins à vent, etc.), à des questions
de physique expérimentale (lois du frottement), voire même
au calcul du travail humain, s’appuient sur une conviction partagée
par les membres de l’Académie des sciences de Paris autour
de 1800 : les lois de la nature sont simples et peuvent s’exprimer
par des formules mathématiques.
Christine Blondel
chercheur au CNRS
centre Alexandre Koyré