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Célébrations nationales 2005
Arts

Franz-Xaver Winterhalter
Mendzenschwand (Forêt-Noire), 20 avril 1805 - Francfort-sur-le-Main, 8 juillet 1873

> programme des manifestations

L’Impératrice Eugénie entourée des dames d’honneur du palais par Franz-Xaver Winterhalter

L’Impératrice Eugénie entourée des dames d’honneur du palais par Franz-Xaver Winterhalter
Compiègne, château
© RMN / Gérard Blot


Winterhalter, le nom est prononcé et devant les yeux se présentent de lumineuses compositions ou des portraits subtils, mettant en valeur l’ovale d’un visage, la beauté d’une épaule, le chatoiement d’une robe ou la richesse d’un bijou. « On dirait qu’à toute tête auguste il faut la consécration du pinceau de Winterhalter » écrit Stevens en 1863 et ce fut en vérité le cas, surtout en France où il vécut de 1834 à la chute du Second Empire.

Fils d’un agriculteur, Franz-Xaver est resté toute sa vie attaché à ses -origines badoises et à sa famille. C’est d’ailleurs en Allemagne, à Fribourg, auprès de Karl-Ludwig von Schüler, puis à Munich, à l’Académie et dans l’atelier de Josef Stieler que Winterhalter se forme avec son frère Hermann, également peintre, qui l’accompagne toute sa vie. Mais bientôt, en 1832, l’étude des maîtres italiens s’impose et de Rome, où son adresse est
Poste restante, Caffé Greco, via Condotti, il rapporte traditionnelles scènes de genre et portraits. Il y trouve aussi l’inspiration de quelques portraits de groupe comme Il dolce farniente qui est son premier grand envoi au Salon de 1836, ou le Decameron.

Dès 1831, juste retour des choses pour celui qui l’avait pensionné, Winterhalter exécute le portrait de Léopold, grand-duc de Bade, dont il est nommé peintre de la cour en 1834, puis celui de la grande-duchesse Sophie. Quelques années plus tard, en 1838, alors qu’il est installé à Paris depuis bientôt quatre ans, c’est Louise-Marie, reine des Belges, qui pose devant lui, puis la princesse Clémentine d’Orléans, le duc de Brabant,... Par la reine des Belges et sa mère, la reine Marie-Amélie, il devient rapidement le portraitiste du roi -bourgeois et des siens, concurrençant ainsi le pinceau d’Ingres. Bientôt ce sont la reine Victoria et le prince consort qui posent pour l’artiste qui, de 1842 à 1847, séjourne régulièrement à Buckingham Palace et à Windsor. Pour eux, il peindra des dizaines de peintures dont « le tableau favori de mon bien-aimé Albert » est cette étonnante
Victoria aux cheveux défaits de 1843. Et la Reine de noter au moment de sa mort : « Ses œuvres, avec le temps, rejoindront celles d’un Van Dyck. » Plus conventionnels sont parfois les portraits d’autres souverains ou princes, qu’ils soient d’Autriche ou de Saxe, du Portugal ou de Russie ; d’autres sont plus brillants comme celui du maharadjah Duleep Singh en 1854.

Vient le Second Empire. Cette époque faste de la vie de cour en France constitue la période la plus célèbre de la carrière de Winterhalter, celle où il se montre le plus inventif, offrant à ses modèles le reflet d’une vie heureuse et brillante. Il multiplie les portraits d’Eugénie, comme des princes et des figures de proue, le plus souvent des femmes, du monde de son temps, une société que, paradoxalement, il fréquenta peu. Fait significatif, il ne fit qu’un seul séjour à Compiègne, en 1853, en même temps que sa première protectrice, la grande-duchesse de Bade.

Évoquant Winterhalter l’on ne saurait omettre d’évoquer son chef-d’œuvre, le célébrissime
L’Impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur du musée du Second Empire du château de Compiègne, figure combien emblématique de la version légère et fastueuse, élégante et triomphante du règne de Napoléon III et d’Eugénie et témoignage de la virtuosité du pinceau habile et délicat et de la richesse de la palette de l’artiste.

« Monsieur Winterhalter a toujours cherché la grâce, et il l’a souvent trouvée ; sa manière coquette et brillante se rapproche de celle des Anglais » déclare Théophile Gautier. Bien qu’un peu réducteur, ce jugement résume ce que beaucoup d’amateurs pensent d’un artiste, pourquoi ne pas dire d’emblée d’un portraitiste, plus européen que badois. Car comment ne pas noter que la carrière de ce peintre qui, très tôt, a trouvé un style qui a su séduire les grands de son époque, est avant tout européenne et bien souvent française ? Au moment de son décès, à l’âge de soixante-huit ans, c’est bien, en effet, le miroir flatteur d’une époque fastueuse, où le Second Empire tint une place de choix, que laisse à la postérité Franz-Xaver Winterhalter.

Jacques Perot
conservateur général du patrimoine
directeur du château de Compiègne

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