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Célébrations nationales 2005
Littérature et sciences humaines

Léon Werth
Remiremont, 17 février 1878 – Paris, 13 décembre 1955

programme des manifestations

Léon Werth soldat

Léon Werth soldat
photographie-carte postale, Montélimar, v. 1914
coll. Claude Werth
Léon Werth a insisté auprès du photographe pour être pris à côté d’un petit dada à roulettes… avant le dadaïsme.


Journaliste, essayiste, romancier et promeneur d’art, Werth est un témoin capital de la première moitié du vingtième siècle ; ami des historiens Marc Bloch et Lucien Febvre, des écrivains Charles-Louis Philippe, Mirbeau, Marguerite Audoux, Larbaud, Fargue et Saint-Exupéry, il manifeste constamment son intérêt pour les grandes et petites choses de l’Histoire.

Parrainé par Mirbeau (sans succès) auprès des jurés du Goncourt en 1913 pour son roman La Maison Blanche, il l’aide à la fin de sa vie à terminer son roman Dingo et défend l’intégrité de sa pensée après sa mort. À la suite de ce -premier récit atypique de son expérience de l’hôpital, Werth écrit un roman acerbe sur la guerre de 1914-1918, Clavel soldat, considéré par Norton Cru comme un des récits les plus exacts parus alors. Son anti-conformisme se retrouve dans ses articles pour des revues comme les Cahiers d’Aujourd’hui dirigés par Besson. Ses chroniques littéraires et artistiques défendent les peintres de l’avant-garde entre impressionnisme, fauvisme, arts décoratifs et populaires : Monet, Bonnard, Marquet, Signac, Vlaminck, Francis Jourdain, Rulhman… et les architectes Loos, Le Corbusier, Freyssinet.

En 1926, son livre Cochinchine, qui stigmatise le conformisme colonialiste, lui vaut de nombreuses critiques mais aussi l’estime de Malraux. Werth appartient au comité de rédaction de Monde dirigé par Barbusse ; il en est le rédacteur en chef en 1932, puis écarté pour ses positions anti-staliniennes et la défense de Victor Serge. Il rédige alors des critiques de cinéma dans la revue Europe sous la direction de Jean Cassou. Dans les années trente naît une amitié indéfectible avec Saint-Exupéry qui écrira pour lui Lettre à un otage et lui dédiera pendant la guerre depuis New York Le Petit Prince. Cette dédicace touchante «… à Léon Werth quand il était petit garçon » est souvent la seule connaissance du grand public sur Werth.
Ses prises de position politiques contre le fascisme et le nazisme, ses origines juives, le contraignent à l’exode ; 33 jours décrit ce périple. Son journal, où il se dit gaullien, tenu pendant quatre ans dans sa maison de Saint-Amour « entre Bresse, Bourgogne et Jura » paraît en 1946 sous le titre Déposition grâce à Poulaille. Pour Febvre, ce témoignage est un document historique dont les analyses sont trop précoces pour être comprises alors.

Non sans s’interroger sur les conceptions de l’histoire chères à Bloch et à Febvre, Werth s’intéresse aux faits divers, aux procès de cour d’assises et rend compte de sa passion pour la danse et le music-hall.
« Tous les aspects de la vie l’ont attiré et séduit ». Dans les années vingt, il réfléchit, comme ses amis Vildrac et Wallon, sur l’enfance, et dans ses romans à caractère psychologique sur les facettes de l’amour dans une société éloignée du romantisme.
L’écriture de Werth est à son image, rare, dénuée de préciosité, rejetant lieux communs, adjectifs séduisants ou métaphores faciles.

Christian Lassalle
ingénieur d’études
historien de l’art
université de Paris X Nanterre (CEP)

 

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