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Célébrations nationales 2005
Arts

Maurice Utrillo
Paris, 25 décembre 1883 – Dax, 5 novembre 1955

La rue Tholozé, huile sur carton de Maurice Utrillo- 1913
La rue Tholozé
huile sur carton de Maurice Utrillo- 1913
- coll. part. - © ADAGP et J. Fabris, 2004


Inclassable et exclu de toute école, Maurice Utrillo est inscrit dans l’histoire de l’art parmi les artistes de l’instinct. « Pas ordinaire, ça, pas ordinaire ! » marmonnait-il devant ses chefs-d’œuvre, ceux de la période blanche, de 1908 à 1914, qui fit de lui un des plus grands paysagistes du vingtième siècle.

Le 26 décembre 1883, à 13 heures, au 3, rue du Poteau, près de Notre-Dame de Clignancourt, naît Maurice Valadon, fils de Marie Valadon et de père inconnu. La « terrible Maria », surnommée ainsi par Degas, disait qu’elle ne savait pas elle-même qui était le père de Maurice. Maurice Boissy, habitué du cabaret du Lapin Agile ? Puvis de Chavannes pour qui elle posait ? Miquel Utrillo ? Ce peintre et journaliste espagnol, dans le doute, reconnaîtra l’enfant à la mairie de la rue Drouot, le 27 janvier 1891. Au 7 de la rue Tourlaque, Maurice est élevé par sa grand-mère tandis que sa mère pose pour Toulouse-Lautrec qui lui donne le prénom de Suzanne.


Pour occuper son fils de plus en plus instable, Suzanne lui offre couleurs et pinceaux et découvre ses dons. De l’automne 1903 à l’hiver 1904, il peint à Montmagny dans un style impressionniste cent cinquante toiles qu’il signe Maurice Valadon, puis il élargit ses touches, écrase ses blancs au couteau, mélange le plâtre et la colle afin que ses murs soient encore plus vrais.
Après 1914, sa peinture deviendra architecturale et de plus en plus colorée. La rencontre de sa mère avec le peintre Utter de deux ans son cadet, en 1909, le bouleverse. Il trouve son salut dans l’alcool. Dans l’atelier de Suzanne, au 12 de la rue Cortot, le « trio infernal » s’entredéchire. Maurice délire d’hôpitaux en cure de désintoxication. Prisonnier de l’amour sacré qu’il porte à sa mère et du gros rouge, il peint à Montmartre : rues, églises, escaliers qu’il a tant de mal à gravir et des ciels limpides, transparents qui, à eux seuls, révèlent ses élans mystiques. Enfermé dans un réduit, Maurice s’inspire de paysages de cartes postales mais il y ajoute l’essentiel : sa vérité.

Le 29 avril 1935, Utrillo quitte sa mère, avenue Junot, pour épouser Lucie Valore, meurt le 5 novembre 1955 à l’hôtel Le Splendid à Dax, et repose à Montmartre, au cimetière Saint-Vincent.

Jeanine Warnod
journaliste
critique et historienne d’art
commissaire d’expositions en France et au Japon

Direction des Archives de France
Délégation aux Célébrations nationales
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