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Célébrations nationales 2005
Vie politique et institutions

Naissance de la SFIO
Section Française de l'Internationale Ouvrière

congrès de la salle du Globe - 23-25 avril 1905


> programme des manifestations

Jules Guesde, député du Nord, chef du parti socialiste
Louise Michel en costume de fédéré
Jules Guesde, député du Nord, chef du parti socialiste
photographie, atelier Nadard, s.d.
Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, archives photographiques
© CMN

Jean Jaurès
photographie, atelier Nadard, 1898
Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, archives photographiques
© CMN


Longtemps, le mouvement socialiste français a été divisé en courants séparés les uns des autres, guesdistes (Jules Guesde), vaillantistes (Édouard Vaillant), broussistes (Paul Brousse), allemanistes (Jean Allemane), et autres indépendants (Jean Jaurès, Alexandre Millerand, Aristide Briand), chacune de ces tendances ayant son histoire, sa conception du socialisme et son programme politique. Après la percée électorale aux législatives de 1893 et aux municipales de 1896, un certain nombre d’élus entamèrent un mouvement vers l’unité. C’est ainsi que lors d’un banquet des municipalités socialistes tenu le 30 mai 1896 à Saint-Mandé, Millerand prononce un discours qui fit date sur la nécessaire unité d’action.

L’affaire Dreyfus freina le mouvement en divisant les socialistes, les uns étant résolus à s’engager dans le camp dreyfusard à l’instar de Jaurès, les autres prônant la neutralité dans une affaire purement « bourgeoise » comme le professait Jules Guesde. La division s’accentua en 1899 lorsque les premiers acceptèrent la présence d’un socialiste (Millerand) dans un gouvernement bourgeois (le gouvernement de Défense républicaine de Waldeck-Rousseau), ce que les seconds condamnèrent sous le nom de «ministérialisme».
De cet affrontement résultèrent deux principaux partis en 1902, le Parti socialiste français (PSF) de Jaurès et le Parti socialiste de France (PSDF) de Guesde. L’un et l’autre déléguèrent leurs représentants au Congrès international d’Amsterdam, en août 1904.
La thèse marxiste fondée sur la lutte des classes l’emporta, ce qui donnait l’avantage à Guesde, mais une motion ultérieure du Congrès imposa à chaque pays une organisation unitaire. En France, le PSF et le PSDF étaient tenus de réaliser cette unité sur la base des résolutions des Congrès internationaux.

Au lendemain du Congrès d’Amsterdam, une commission d’unification était mise en place, qui, après ses travaux, convoqua le Congrès d’unification à Paris, du 23 au 25 avril 1905. À cette date, 286 délégués se réunirent Salle du Globe, boulevard de Strasbourg à Paris. La Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) était créée, sur la double base de l’internationalisme et de l’action de classe. Cette victoire apparente de Jules Guesde amena certains à rester indépendants, comme Millerand, Briand et Viviani. Mais la puissante -personnalité de Jaurès – et sa relative jeunesse, 45 ans, alors que Guesde -approchait des 60 – devait faire de lui le véritable chef du Parti socialiste, jusqu’à sa mort en 1914.

Michel Winock
professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris

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