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Célébrations nationales 2005
Littérature et sciences humaines

Le Livre de la Cité des dames de Christine de Pizan
1405

> programmle des manifestations

Première page du Livre de la Cité des dames

Première page du Livre de la Cité des dames
enluminure du "maître de la cité des dames"
ms. français, 1405
Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits
© cliché BNF

 

À la plus italienne des Parisiennes du XVe siècle revint la gloire de défendre l’honneur des femmes : en 1405, Christine de Pizan achevait le Livre de la Cité des dames qui donnait en exemple les femmes illustres de tous les temps. Il y eut ensuite le Livre des trois vertus ou Trésor de la Cité des dames, où Christine faisait une analyse lucide et précise de la société française, vue du côté féminin, détaillant tous les « états des femmes » et donnant de chacun, depuis celui des princesses jusqu’à celui des femmes de laboureur, une vision réaliste et positive. La première, elle avait compris que les femmes avaient une place à elles dans la société politique.
Née à Venise vers 1365, Christine vient, à quatre ans, vivre à Paris où son père, Thomas de Pizan, médecin et astrologue, a été appelé par Charles V.

À quinze ans, elle épouse Étienne de Castel, secrétaire du roi. Après dix ans de mariage heureux, elle perd son mari en 1390. Veuve, chargée de trois enfants, de sa mère et d’une nièce, elle reste chef de famille. Pour gagner sa vie et celle de ses proches (« Je suis trois fois double »), elle devient écrivain et dirige un atelier de copiste. Elle offre à la reine Isabeau de Bavière ou aux princes des fleurs de lis des recueils de ses œuvres. En 1404, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi lui commande le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V. Cependant, elle garde sa liberté à l’égard des princes et reste un écrivain indépendant.

Elle écrit d’abord des poèmes d’inspiration courtoise, souvent de ton personnel (« Seulette suy et seulette vueil estre »). Peu à peu, elle trouve sa -personnalité de femme de lettres. Après des années dominées par l’autobiographie, 1405 marque une rupture. Lucide, Christine voit monter le péril de la guerre civile. Ses œuvres (Livre du corps de policie, Livre des fais d’armes et de chevalerie, Lamentation sur les maux de la France, Livre de la paix) ont désormais un but : sauver la France des divisions. Pour elle, elle a choisi son parti, celui des « vrais Français ». Réfugiée au couvent de Poissy, Christine de Pizan meurt en 1430. Son dernier poème est écrit pour saluer Jeanne d’Arc : « En l’an mil quatre cent vingt neuf Reprit à luire le soleil… »

Françoise Autrand
professeur émérite des universités

Direction des Archives de France
Délégation aux Célébrations nationales
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