Jean-Baptiste Oudry est né à Paris, le 17 mars 1686,
non loin de l’Hôtel de ville. Son père, Jacques
Oudry, était un artiste obscur, plus marchand de tableaux que
peintre. Le garçon passa son enfance dans le quartier des brocanteurs
que constituaient alors les abords du pont Notre-Dame et du quai de
la Mégisserie. Un apprentissage de quelques années auprès
de Largillierre lui ouvrit de plus ambitieuses perspectives en matière
d’art. En 1719, il entra à l’Académie royale
de peinture et de sculpture, où il devint professeur en 1743.
Peu intéressé par l’enseignement, il se signalait
en revanche dans les Salons du Louvre par le grand nombre de peintures
qu’il exposait.
Oudry fut en effet un artiste particulièrement fécond,
comme son ami Boucher, et l’on estime à plus de mille
le nombre des tableaux qu’il a produits. Sa carrière,
il est vrai, fut longue : il mourut le 10 avril 1755, d’une
crise -d’apoplexie. Il fut enterré à Beauvais,
où il avait dirigé pendant vingt ans la manufacture
de tapisseries. C’était un choix heureux car Oudry, homme
-laborieux et intègre, avait par ailleurs le génie de
la décoration. On le voit dès les années 1720,
avec l’ensemble de panneaux à arabesques du château
de Voré, entré au Louvre en 2003. À partir de
1733, la commande d’une tenture sur le thème des Chasses
royales, destinée à être
tissée aux Gobelins, donna à Oudry l’occasion
de montrer sa maîtrise dans l’art de traiter à
l’échelle monumentale les représentations d’animaux
et de paysages qui, depuis la fin du Moyen Âge, n’avaient
plus donné lieu qu’à des tableaux de format petit
ou moyen, pour une clientèle privée.
On ne s’étonnera pas que Louis XV, dont la passion pour
la chasse est bien connue, ait été grand amateur des
peintures d’Oudry. C’est surtout au -château de
Fontainebleau que l’on peut voir les immenses toiles où
l’artiste a représenté les moments de cette activité
tenant à la fois du sport et de la cérémonie
qu’était la chasse du roi. Les chiens jouent ici un rôle
de protagonistes. Oudry excellait dans la peinture de ces animaux
; ses portraits de chiens, où le nom de ces bêtes distinguées
figure à côté d’elles, ont une élégance
et souvent une dignité qui en font de véritables portraits
de cour. La passion -cynégétique étant partagée
par beaucoup de princes en Europe, Oudry reçut des commandes
à l’étranger. C’est ainsi qu’un ensemble
exceptionnel de ses œuvres se trouve aujourd’hui en Allemagne,
au musée de Schwerin.