Bernard de Montfaucon, fils cadet d’une
famille de petite noblesse languedocienne, est né dans le château
de Soulatgé. Après un court passage dans la carrière
des armes, il opta pour la vie monastique. Il fit profession, le 16
mai 1676, dans le monastère de Notre-Dame de la Daurade à
Toulouse, qui appartenait à la congrégation bénédictine
réformée de Saint-Maur. Après dix ans passés
dans des monastères du sud de la France, où il compléta
sa formation intellectuelle et acquit une parfaite connaissance de la
langue grecque, il fut appelé dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés
à Paris pour y travailler à l’édition des
Pères de l’Église de langue grecque. Avec l’aide
de quelques confrères, il édita les œuvres de saint
Athanase (1698), d’Origène (1713) et surtout de saint Jean
Chrysostome parues en 13 volumes in folio de 1718 à 1738. Pour
ce faire, il entretint une vaste correspondance avec de nombreux érudits
français et étrangers et il accomplit, de 1698 à
1701, un voyage d’études en Italie, où il fréquenta
les principales bibliothèques conservant des manuscrits grecs.
De leur observation minutieuse, il tira des critères pour la
datation des écritures grecques manuscrites qu’il mit en
forme dans la Palaeographia graeca (1708). C’est lui le créateur
du mot paléographie utilisé depuis lors pour -désigner
la -discipline consacrée à l’étude des anciennes
écritures.
Montfaucon portait un très grand intérêt aux documents
figurés susceptibles de renseigner sur les siècles passés
: sculptures, peintures, monnaies, objets de la vie courante, etc…
Il rassembla, classa et publia des reproductions de tous ceux qui étaient
connus à son époque dans deux ouvrages, L’Antiquité
expliquée et représentée en figures, 15
volumes in folio (1719-1724) et Les monuments
de la monarchie française, 5 volumes in folio (1729-1734),
qui rencontrèrent un immense succès attesté par
plusieurs rééditions et des traductions en anglais, allemand
et latin.
Enfin, dans le souci de rendre service aux chercheurs, il publia les
-nombreux catalogues de manuscrits de bibliothèques françaises
et étrangères qu’il avait réunis tout au
long de son existence, dans la Bibliotheca bibliothecarum
manuscriptorum nova (1739).
Ce fut son dernier grand ouvrage. Il mourut dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés
où il fut enterré dans la grande chapelle de la Vierge.
Ses restes, transférés pendant la Révolution dans
le jardin du Musée des monuments français, furent rapportés,
en 1819, dans une chapelle du pourtour du chœur de l’église
de Saint-Germain-des-Prés. Ils voisinent avec ceux de Mabillon
et de Descartes.