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Célébrations nationales 2005
Littérature et sciences humaines


Adam Mickiewicz
Zaosie, près de Nowogródek, 24 décembre 1798 - Istanbul, 26 novembre 1855

Adam Mickiewicz, professeur au Collège de France

Adam Mickiewicz, professeur au Collège de France
plaque de verre au collodion
atelier de Nadar
Médiathèque de l’architecture et du patrimoine
Archives photographiques
© CNM


Mickiewicz est aux Polonais ce que Dante est aux Italiens et Gœthe aux Allemands : un poète inspiré qui a cristallisé l’identité culturelle de son peuple, grâce à qui la littérature a « remplacé » en quelque sorte la patrie disparue. Chef de file des romantiques polonais, guide inspiré de ses contemporains, il a soutenu par son patriotisme visant l’universel l’unité culturelle. Il est donc apparu comme « Pèlerin de la liberté », tel que l’a représenté Bourdelle.


Ses chefs-d’œuvre poétiques comme les
Aïeux (1823-1832), Le Livre des Pèlerins polonais (1832), ou Pan Tadeusz (1833), pour ne citer que les plus grands, constituent une synthèse des grandes idées de l’époque en alliant le religieux, le politique et le culturel. La solidarité des peuples et la lutte pour leur liberté, ainsi que l’impératif d’une éthique dans les relations internationales, en sont les idées centrales. En bon héritier de la Respublica polono-lituanienne multiethnique et pluriconfessionnelle, il a créé par son art les bases d’une autonomie culturelle de la société ferrant ses sentences hors de tout pouvoir, politique ou confessionnel.

Pour la religiosité, il est le grand pionnier des transformations de l’après Vatican II : la sainteté pour lui s’enracine dans l’engagement historique pour l’affranchissement des peuples et la transformation du monde.

Pour les Européens d’aujourd’hui, il est parmi les premiers visionnaires de l’Europe unie. L’Europe des peuples – pas encore celle des gouvernements – construite autour d’un parlement et d’un tribunal communs, à partir des mêmes valeurs fondamentales. Il pourrait à ce titre être considéré comme l’un des pères de l’Union Européenne.
Pour les Français, il reste peu connu, sauf en tant qu’ami de George Sand, Madame d’Agoult, Lamennais, Montalembert… Pourtant les institutions gardent sa mémoire : la chaire des « langue et littérature slaves » a été créée pour lui au Collège de France (1840-1844), et il y figure sur un médaillon entouré de Jules Michelet et Edgar Quinet.


Son influence sur l’actualité est indéniable, depuis l’opposition contre le communisme suite à l’interdiction des
Aïeux en 1968, à travers les encycliques de Jean Paul II, jusqu’à la politique étrangère de la Pologne actuelle qui ne veut pas oublier son devoir de solidarité envers les peuples qui ont partagé son destin. Et puis, « last but not least », de grands metteurs en scène modernes s’inspirent toujours de sa vision du théâtre : Wajda, Grotowski, Kantor…

Michel Masl/owski
professeur de littérature polonaise à l’université Nancy II
co-directeur du centre de recherche interculturelle « CERCLE »

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