François-Désiré est le fils d’un modeste
orfèvre, François Froment (Mons, 1773-Paris, 1803),
mort peu après sa naissance. Sa mère se remarie avec
l’orfèvre Pierre-Jacques Meurice qui s’installe,
à partir de 1811, arcade Saint-Jean, près de l’Hôtel
de Ville. Après des études au lycée Charlemagne,
le jeune François-Désiré est apprenti chez le
ciseleur Lenglet, avant de rejoindre la maison familiale. Lors de
son mariage en 1828, son beau-père lui cède le fonds
de fabricant orfèvre puis, quelques années plus tard,
celui de marchand orfèvre joaillier. En 1838, il est exproprié
et s’établit 2, rue Lobau.
Lors de l’exposition des produits de l’industrie de 1839,
Froment--Meurice, qui porte désormais ce double nom, a déjà
le titre d’« orfèvre joaillier de la ville de Paris
». Son exposition, très remarquée, lui vaut une
double médaille d’argent en orfèvrerie et en bijouterie.
Il présente notamment un service à thé, offert
par Louis-Philippe au shah de Perse. À l’exposition des
produits de l’industrie de 1844, il est récompensé
par une médaille d’or. Son inspiration est éclectique,
et les techniques et les matériaux employés sont variés
(pierres dures, émail, nielle, repoussé…). Il
expose des commandes de la ville de Paris (vases commémoratifs),
de l’orfèvrerie religieuse (calice destiné au
pape), un bouclier consacré à l’histoire du cheval,
la coupe des vendanges acquise par le duc de Montpensier.
Après la Révolution de 1848, Froment-Meurice quitte
le quartier de l’Hôtel de Ville pour la rue du Faubourg
Saint-Honoré. Il obtient à l’exposition de 1849
un rappel de médaille d’or. On remarque particulièrement
le surtout de table commandé par le duc de Luynes, entièrement
réalisé au repoussé, et les premiers éléments
de la toilette destinée à la duchesse de Parme, dessinée
par Duban. La toilette entière (table, miroir, candélabres,
coffrets) est présentée à Londres, à l’Exposition
universelle de 1851, où elle assure par sa virtuosité
le triomphe de Froment-Meurice. L’orfèvre meurt, au sommet
de sa gloire, peu avant l’Exposition universelle de 1855.
Anne Dion-Tenenbaum
conservateur du patrimoine au musée du Louvre
département des objets d’art