Avant-propos Préface Les auteurs  
SOMMAIRE
Autres anniversaires Union européenne régions Orientation bibliographiques Index alphabétique repères chronologiques

Célébrations nationales 2005
Arts

Léonard Limosin
Limoges, v. 1505 ? – entre janv. 1575 et févr. 1577

> programme des manifestations

Portrait du connétable Anne de Montmorency

Portrait du connétable Anne de Montmorency
émail peint par Léonard Limosin
Paris, musée du Louvre
© RMN, droits réservés

 


Léonard Limosin, « émailleur et peintre ordinaire de la chambre du roi », comme on peut le lire sur les retables de la Sainte-Chapelle conservés au musée du Louvre, est l’artiste le plus important de l’art de l’émail peint sur cuivre. Cette technique très particulière est un aspect original des arts décoratifs de la Renaissance française. Elle a été pratiquée à Limoges.
L’époque de sa naissance est estimée d’après un acte notarié de 1541 dans lequel il est dit majeur et a donc plus de vingt-cinq ans. Le mois exact de sa mort (avant février 1577) est également inconnu.


Il date ses œuvres à partir de 1533, année où Jean de Langeac prend possession de l’évêché de Limoges. Ce prélat, familier de François Ier, introduit l’émailleur à la Cour. Il y fait de très nombreux portraits émaillés à partir de 1536. On retrouve dans les
Comptes royaux l’historique de la série d’apôtres du musée de Chartres, signée et datée de 1547. Léonard Limosin est ensuite, à diverses reprises, payé comme « valet de chambre » de Henri II, mais c’est dans les minutes des notaires parisiens qu’a été récemment découverte la commande, en 1553, de deux retables qui ont orné la Sainte-Chapelle jusqu’à la Révolution.

La production émaillée de Léonard Limosin se situe entre 1533 et 1573. Elle comprend tous les types d’objets et de sujets : décor d’église, plaques à sujets religieux ou mythologiques, portraits, scènes du calendrier, vaisselle et même un échiquier-trictrac et une fontaine de table. Ces œuvres sont émaillées en grisaille ou en émaux polychromes, parfois sur paillons d’argent. La technique y est parfaitement maîtrisée. On y trouve une originalité et une imagination étrangères aux autres émailleurs. La qualité artistique des émaux de Léonard Limosin n’est atteinte ni dans sa série de huit gravures de 1544 de la vie du Christ ni dans son tableau de 1551 du musée de Limoges. C’est avec Léonard Limosin, grâce à Jean de Langeac, que Limoges apporte sa contribution à l’art de la Renaissance et à un haut niveau de qualité.

Sophie Baratte
conservateur en chef du patrimoine
musée du Louvre, département des objets d’art

Direction des Archives de France
Délégation aux Célébrations nationales
56, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris
Renseignements : 01 40 27 62 01