Célébrations nationales 2005
Arts
Serge Lifar
Kiev, 2 avril 1905 – Lausanne, 15
décembre 1986
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Serge Lifar, 1941
photographie studio Harcourt © ministère de la culture
– France |
Né à Kiev, Serge Lifar y fait ses études au Lycée
impérial. Entré dans la classe de piano du Conservatoire
de musique en 1914, il se destine à cet art jusqu’en 1921,
année où il découvre la danse, sous la férule
de -Bronislava Nijinska, sœur de Vaslav Nijinski. Il a seulement
un an de danse lorsqu’il part en France, répondant à
l’appel lancé par Serge Diaghilev, qui recrute des artistes
pour sa Compagnie des Ballets Russes. Engagé dans cette troupe
prestigieuse qui révolutionne l’art chorégraphique,
créant des spectacles audacieux au cours de tournées dans
toutes les capitales européennes, Serge Lifar y poursuit sa formation
avec deux grands pédagogues, Enrico Cecchetti et Nicolas Legat.
Magnifique danseur alliant une beauté physique très
masculine, une présence puissante et une technique raffinée,
Serge Lifar devient le soliste des Ballets Russes et le favori de
Diaghilev. Il crée, entre autres, trois chorégraphies
– chefs-d’œuvre de George Balanchine, « La
Chatte », « Apollon Musagète », et «
Le Fils prodigue ». Toujours en quête de nouveauté,
son mentor le pousse à s’essayer à la chorégraphie.
Lifar signe ainsi « Renard », en 1929. Mais 1929, c’est
aussi l’année de la mort de Diaghilev et de la dissolution
des Ballets Russes, voulue par ses héritiers, Serge Lifar et
Boris Kochno.
Appelé par Jacques Rouché, directeur à l’Opéra
de Paris, Serge Lifar va faire pendant 25 ans au Palais Garnier une
longue et brillante carrière de -danseur, de professeur, de
maître de ballet et de chorégraphe.
Présent sur tous les fronts, il crée un répertoire
composé de ses propres œuvres et des grands classiques
du XIXe siècle, forme de jeunes étoiles (Yvette Chauviré,
Liane Daydé, Lycette Darsonval, Claude Bessy, Christine Vaussard…),
dynamise le corps de ballet, institue des soirées entières
de ballet, les « mercredis de la danse ». Ayant ainsi
remodelé le Ballet de l’Opéra, il l’entraîne
dans de nombreuses tournées à l’étranger,
au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en Argentine,
au Japon, en U.R.S.S…
Temporairement exclu du Palais Garnier après la Libération,
Serge Lifar fonde en 1945 le Nouveau ballet de Monte-Carlo, qu’il
remettra au marquis de Cuevas deux ans plus tard, lorsqu’il
regagnera l’Opéra.
Pour ses chorégraphies, Serge Lifar développe un style
dit « néo-classique », complétant le vocabulaire
de la danse académique par les sixième et septième
positions, qui permettent à la danseuse de plier sur pointes
sans ouvrir les genoux, prolongeant le mouvement et le décalant
en déplaçant l’axe vertical du corps.
Il passe commande à des compositeurs et à des peintres
avec lesquels il collaborera toujours heureusement, perpétuant
ainsi les leçons apprises aux côtés de Diaghilev
pendant ses années aux Ballets Russes. Alors que le chorégraphe
n’est pas encore considéré par le législateur
comme un auteur à part entière, Lifar invente, en 1937,
le néologisme de « choréauteur » et crée
une juris-prudence.
Pratiquement tous ses ballets (une centaine) sont basés sur
un livret, bien souvent en relation avec la recherche de l’absolu
et l’accomplissement du destin.Peu
d’entre eux sont restés au répertoire : «
Icare » (1935), sorte de -manifeste sur la primauté du
mouvement sur le rythme, pour lequel Picasso brosse un rideau de scène,
« Suite en blanc » (1943), une de ses seules œuvres
sans livret, « Phèdre » (1950) pour lequel il collabore
avec Jean Cocteau pour le livret, les décors et les costumes,
sur une musique de Georges Auric, « Les Mirages » (1944),
sur une musique de Henri Sauguet, dans des décors et des costumes
de Cassandre, « Istar » (1941), sur une musique de Vincent
d’Indy, dans des décors et des costumes de Léon
Bakst.
Serge Lifar s’attache à faire connaître la danse
par tous les moyens, -donnant des cours et des conférences,
notamment aux Jeunesses musicales, à la Sorbonne, et dans le
cadre de l’Université de la danse qu’il fonde en
1958, et publie de nombreux ouvrages. Il passe les dernières
années de sa vie à Lausanne, où il meurt le 15
décembre 1986, à l’âge de 81 ans, léguant
à cette ville un très important fonds d’archives
et de documents professionnels.
Martine Kahane
conservateur général
directeur du service culturel de l’Opéra national de
Paris
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| Direction des Archives
de France
Délégation aux Célébrations nationales
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