La publication de
Institutiones Calculi Differentialis (Fondements du calcul différentiel)
(1 volume) pendant le long séjour d’Euler à Berlin
(1741-1766) marque l’achèvement de la deuxième partie
d’une trilogie formée de l’Introductio
in analysin infinitorum (Introduction à l’analyse infinitésimale)
parue en 1748 (2 volumes) et de Institutiones calculi integralis (Institutions
du calcul intégral) (3 volumes, 1768, 1769, 1770). Ces trois
derniers volumes furent publiés pendant le second et dernier
séjour d’Euler à Saint-Pétersbourg (1766-1783).
L’Introductio est une véritable introduction à la
lecture du volume sur le Calcul différentiel ; ce dernier présente
dans vingt-sept chapitres fort épais ce qui demeure encore aujourd’hui
les outils de base du calcul infinitésimal.
Il semble que le projet d’écrire ces ouvrages ait germé
dans l’esprit d’Euler alors qu’il n’avait encore
que 27 ans et qu’il n’était qu’un mathématicien
débutant, lors de son premier séjour à Saint-Pétersbourg
(1727-1741). Ces volumes constituent un vaste cours d’analyse
qui a été utilisé par les plus grands mathématiciens
des XVIIIe et XIXe siècles. On peut citer à ce sujet les
témoignages de Gauss, de Laplace et bien d’autres.
Sur la vie et l’œuvre d’Euler (1707-1783) on peut
consulter l’article de Youschkévitch dans Dictionary
of Scientific Biography (vol. 4, pp. 467-484) ; disons ici
simplement qu’Euler est né à Bâle (Suisse)
et que ses œuvres scientifiques complètes sont éditées
en 74 volumes (in quarto) dont deux volumes sur l’astronomie
n’ont pas encore paru. Les 30 volumes consacrés aux mathématiques
pures (contenant, en particulier, les six volumes mentionnés
ci-dessus) sont disponibles dans beaucoup de bibliothèques
scientifiques. À cette œuvre volumineuse, il faut ajouter
la correspondance importante d’Euler qui forme encore 10 volumes
(dont quatre sont seuls publiés à ce jour). La plus
grande partie de l’œuvre d’Euler est en latin mais
il existe des traductions en anglais, en allemand et même partiellement
en français des ouvrages mentionnés.
Srishti-D. Chatterji
professeur honoraire à l’École polytechnique fédérale
de Lausanne
membre de la commission Euler