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Célébrations nationales 2005
Arts

Eugène Devéria
Paris, 22 avril 1805 – Pau, 3 février 1865

> programme des manifestations

Naissance d’Henri IV (château de Pau, le 13 décembre 1553)

Naissance d’Henri IV (château de Pau, le 13 décembre 1553)
huile sur toile d’Eugène Devéria
Paris, Musée du Louvre
© RMN / Gérard Blot

 


Eugène Devéria avait fait son apprentissage auprès de son frère aîné Achille (1800-1857) ; il fut l’enfant chéri de la génération romantique, devenu célèbre à vingt-deux ans en exposant
La Naissance d’Henri IV (musée du Louvre) au Salon de 1827 où cette immense toile fit sensation et remporta tous les suffrages. L’art et la vie d’Achille, surtout graveur, et d’Eugène furent -intimement liés jusqu’en 1838, date à laquelle Eugène quitta Paris. Il est l’exemple même de l’artiste qui, tout au long de sa carrière, chercha en vain à retrouver l’éclat de ses premiers succès.

Théophile Gautier, dans un article de
La Presse, exprime encore en 1844 l’enthousiasme qui l’avait bouleversé en 1827. Il estimait que La Naissance d’Henri IV était « un chef-d’œuvre de l’école française, une toile à mettre sans inquiétude à côté des plus belles fresques vénitiennes : quand ce tableau parut, – se souvient-il – les critiques les moins optimistes purent croire que Paris allait avoir son Paul Véronèse. Cette élégance des tournures, d’ajustements, de draperies, ces têtes si fines, si cavalières, ces mains patriciennes, ces délicats visages de femmes, cette éblouissante ardeur de coloris, cette jeunesse et tout cet éclat faisaient concevoir de l’avenir du peintre les plus hautes espérances » (28 mars).

Les sujets choisis dans l’histoire nationale et dans l’histoire anglaise évoquant souvent l’atmosphère des romans de Walter Scott, les coloris exubérants, la composition mouvementée firent d’Eugène Devéria une des incarnations des jeunes France. On le considéra l’égal de Delacroix qui exposait au même moment
La mort de Sardanapale (musée du Louvre) et de Paul Delaroche qui présentait la Mort d’Élisabeth (musée du Louvre). Des commandes importantes lui furent attribuées pour les nouvelles salles du Louvre, notamment Puget présentant sa statue de Milon de Crotone à Louis XIV ; il fut ensuite un des peintres préférés du roi Louis-Philippe et se vit gratifié de nombreuses commandes pour la nouvelle décoration du château de Versailles dont La Bataille de la Marsaille (1834-1837). Fulgurant représentant de la génération romantique, sa carrière parisienne est interrompue par la commande d’un décor pour la cathédrale d’Avignon en 1838, important chantier qui devait lui permettre de participer à sa manière au renouveau de la peinture religieuse en France. Malheureusement, l’état de conservation actuel de cette œuvre ne rend aucun jugement possible.

Des conditions de travail très éprouvantes et une maladie qui le frappa concoururent à lui faire traverser une crise spirituelle fondamentale au cours de laquelle il se convertit au protestantisme. Pour se soigner, il fit une cure aux Eaux-Bonnes ; l’effet bénéfique qui en résulta le conduisit à choisir de mener une vie retirée des plaisirs parisiens et à s’établir à Pau en 1841. Il resta fidèle aux choix esthétiques de sa jeunesse, à une peinture très colorée proche de celle de Véronèse et de Rubens ainsi qu’en témoignent
La mort de Jane Seymour (1847, Valence, musée des Beaux-Arts) et Christophe Colomb (1861, Clermont-Ferrand, musée Roger Quillot). Outre ces ambitieux tableaux d’histoire, Eugène Devéria peignit maintes scènes de genre dans lesquelles le folklorisme pyrénéen fit suite à l’observation de la vie parisienne. Il fut également un portraitiste prolixe laissant de sa famille, de ses amis proches tout autant que de ses commanditaires des images chaleureuses et intimes caractéristiques de la génération romantique.

Pour commémorer le bicentenaire de la naissance de l’artiste, les musées de Pau, musée du château et musée des Beaux-Arts, présenteront deux manifestations complémentaires pour offrir une relecture de l’œuvre d’Eugène Devéria et pour rendre à cet artiste la place qui lui est due.

Isabelle Julia
conservateur en chef du patrimoine
inspecteur général des Musées de France

 

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