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Célébrations nationales 2005
Littérature et sciences humaines

Théodore de Bèze
Vézelay, 24 juin 1519 – Genève, 13 octobre 1605

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Théodore de Bèze, portrait, s.d.

Théodore de Bèze, portrait, s.d.
Genève, bibliothèque publique et universitaire, musée historique de la Réformation
photo F. Martin


Né en Bourgogne – son père était bailli de Vézelay –, Bèze n’y resta pas longtemps. Petit enfant, on le conduisit à Paris, où son oncle Nicolas de Bèze, conseiller-clerc au Parlement, offrait d’assurer son éducation. Quand il eut huit ans, l’oncle le mit en pension chez un humaniste allemand qui habitait Orléans, Melchior Wolmar, qui enseignait le latin et le grec comme personne, introduisait les enfants à la littérature… et y ajoutait quelques idées de la Réforme. Chez lui, le jeune Théodore composa force vers latins, passion qui traversa ses études de droit et s’épanouit pendant ses dix années parisiennes, entre dix-neuf et vingt-neuf ans. C’était alors un jeune poète élégant, célébrant tour à tour ses amis ou sa maîtresse Candida, dans des vers inspirés de Catulle. D’autres pièces, plus sérieuses, évoquent le roi David ou le Sauveur. Son premier recueil, ses Juvenilia, parut en 1549 à Paris. Ces vers connurent très vite un grand succès. Montaigne n’hésitait pas à dire que si Ronsard était le premier poète en français, Bèze l’était en latin, et il déplorait qu’il n’en fût pas resté à la poésie...

Car 1549 fut en effet une année décisive pour Bèze. Une grave maladie l’avait amené aux portes de la mort, mais en guérissant il prit de grandes décisions. Il abandonnerait cette vie de poète à la mode, résignerait ses bénéfices ecclésiastiques et s’en irait en pays réformé, pour y vivre sa foi ouvertement et sans compromis. Ce fut donc le départ pour Genève, accompagné de Claudine Denosse, une jeune parisienne qu’il avait épousée secrètement, et qui n’a rien à voir, nous précise Bèze lui-même, avec Candida, maîtresse poétique toute imaginaire.

Calvin à Genève accueillit Théodore et Claudine à bras ouverts, et bénit leur mariage. Bèze était poète ? Il traduirait les Psaumes en vers français, pour qu’on puisse les chanter dans toutes les églises réformées. Il achèverait ce que Clément Marot avait commencé. Ce sont vers rudes et héroïques, mais ils scandent parfaitement la musique, que leur composa Loïs Bourgeois, le chantre de Genève. Naquit alors le « Psautier huguenot », le plus grand succès de -librairie du temps, que l’on chantait partout, même à la Cour.
En même temps, Bèze enseignait le grec à l’Académie de Lausanne, où l’on formait les pasteurs dont la France huguenote avait fort besoin. Ces années se passèrent dans l’amitié de Pierre Viret, pasteur et professeur de théologie à Lausanne, de Farel, qui prêchait à Neuchâtel, et de Calvin à Genève. On réglait ensemble l’avenir et l’expansion de la Réforme en pays de langue française. En 1558-1559, Viret et ses amis s’opposèrent à Messieurs de Berne, dont dépendait la ville. Les professeurs de Lausanne démissionnèrent en bloc, et Calvin en -profita pour fonder avec eux une Académie à Genève, qui est l’origine de -l’Université de Genève. Bèze en fut le premier recteur. Il y enseignait la théologie, en alternance avec Calvin.


Bèze était donc devenu théologien : champion de la théologie calvinienne contre les « ubiquitaires » luthériens, défenseur de l’organisation presbytéro-synodale des Églises réformées contre les épiscopaliens anglais, grand pourfendeur de toutes les hérésies, qui se propageaient volontiers dans le monde protestant à la faveur de l’accueil offert aux réfugiés de toute sorte. Pendant plus de quarante ans (Calvin est mort en 1564, et Bèze en 1605), Théodore de Bèze fut le chef et l’inspirateur des Églises réformées – celles de France, mais aussi celles des Pays-Bas, des presbytériens anglais, de l’Écosse, de l’Allemagne, de Hongrie, de Pologne et d’ailleurs. Il élabora, notamment, la définition classique de la double prédestination. Par ailleurs, Bèze a voué ses soins et sa science de philologue à mettre au point le texte grec du Nouveau Testament. À la fin du XVIe siècle, ses éditions gréco-latines du Nouveau Testament, très savamment annotées, ont représenté la pointe du progrès en matière de connaissance du texte sacré. Les théologiens du roi Jacques Ier d’Angleterre, par exemple, s’en sont largement inspirés pour établir le textus receptus de la Bible du roi Jacques.

Alain Dufour
éditeur de la correspondance de Théodore de Bèze
Société du Musée historique de la Réformation
et Bibliothèque calvinienne, à Genève

 

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