Jean-Nicolas Corvisart naît le
15 février 1755 à Dricourt, dans une famille de magistrats.
Il s’oriente vers la médecine et a pour maîtres Desbois
de Rochefort, médecin, Pierre Joseph Desault, chirurgien, Vicq
d’Azyr, qui jouera un rôle important dans l’organisation
des études médicales sous la Révolution. D’abord
médecin des pauvres, à Saint-Sulpice, il succèdera
à Desbois de Rochefort à l’hôpital de la Charité
(actuel hôpital Broussais) en 1786.
Là, il s’impose très vite en proposant une nouvelle
approche de la médecine et du malade basée sur l’examen
clinique attentif. Il découvre les -travaux de von Auenbrugg,
médecin autrichien inventeur de la percussion. Couplant cette
percussion à l’interrogatoire, l’inspection, la palpation
et l’auscultation, à cette époque immédiate
(le stéthoscope ne sera imaginé que plus tard par l’un
de ses élèves, Laennec), il comprend vite la richesse
de l’examen clinique bien conduit. Allant au-delà de la
seule étude descriptive des maladies et de leurs signes, il développe
la pratique de l’autopsie et établit les corrélations
solides entre les signes et les lésions. Cette méthode
anatomo-clinique fera de la médecine parisienne l’un des
centres les plus renommés au monde. Il organise la visite quotidienne
des malades hospitalisés dans son service, entraînant avec
lui les jeunes étudiants et les médecins étrangers.
Il crée en 1796 l’École de clinique médicale
sur le modèle de l’École de clinique -chirurgicale
créée par Desault.
Médecin personnel de Bonaparte puis de la famille impériale,
il va transformer en profondeur la médecine française.
Il crée ainsi ce qui va devenir l’internat des Hôpitaux
de Paris. Ses élèves, Laennec, Bichat, Dupuytren deviendront
de très grands médecins. Jean-Nicolas Corvisart, riche,
parmi les premiers promus officiers de la Légion d’honneur,
jouit d’une réputation considérable. Il décède
quelques mois après l’Empereur auquel il est toujours
resté fidèle.
Daniel Loisance
membre de l’Académie nationale de médecine