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Célébrations nationales 2005
Vie politique et institutions

Calendrier révolutionnaire établi et signé par Fabre d'Eglantine, Paris Chan
Calendrier révolutionnaire établi et signé par Fabre d'Eglantine,
Paris Chan © service photographique du Chan

L’abandon du calendrier révolutionnaire - 9 septembre 1805

Le 22 fructidor an XIII un senatus-consulte impérial, sur rapport de Laplace, a abrogé le calendrier « français » (républicain) et établi le retour au -calendrier « romain » (grégorien) « à partir du 11 nivôse prochain » (1er janvier 1806). Ainsi prenait fin, après 12 ans, 2 mois et 27 jours, le parcours de ce calendrier instauré par le décret de la Convention du 24 octobre 1793 avec l’ambition de rompre au nom de la raison avec une nomenclature jusque-là fondée sur « la superstition et le fanatisme ». Une campagne active et des mesures autoritaires en avaient assuré le succès en l’an II, en l’an III, puis en l’an VI (1798). Le Directoire en avait rappelé le caractère obligatoire.

Mais très tôt, si les administrations en avaient tant bien que mal respecté les clauses, de vives résistances s’étaient fait jour tant dans les classes populaires, et principa-lement dans les campagnes, que dans les élites restées attachées à la religion. On soulignait aussi les imperfections, voire le caractère « utopique », de ce calendrier calqué sur la nature… mais dont l’universalisation eût posé des -problèmes sous d’autres climats et d’autres latitudes.

La généralisation des -résistances, la « renaissance religieuse » expliquent, après brumaire, les étapes qui voient le repos du dimanche rétabli après le Concordat et les almanachs rechristianisés, même si, significativement, le calendrier républicain est resté officiel jusqu’à la date rappelée ci-dessus. Les rapporteurs du décret ont exprimé leur regret du système abrogé et le souhait qu’un jour « l’Europe calmée, rendue à la paix et à ses conceptions utiles sentira le besoin de perfectionner ses -institutions sociales » en réutilisant « les débris perfectionnés du calendrier auquel la France renonce à ce moment », certains que Sa Majesté Impériale et Royale eût préféré attendre du temps qui fait triompher la raison des préjugés
« l’occasion de faire adopter un meilleur système de mesure des années ». On ne se risquera pas, en 2005, à réitérer ce vœu : victorieuse dans son ambition de remodeler les structures de l’espace, par le système métrique, la Révolution a échoué dans sa tentative à l’égard de celle du temps.

Michel Vovelle
professeur émérite à l’université de Paris I

Direction des Archives de France
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