Louis Breguet est le fils d’Antoine
Breguet et le petit-fils de Louis Breguet, membre de l’Institut
et du Bureau des longitudes. Bachelier ès sciences, il est reçu
major à l’École supérieure d’électricité
de Paris. Sportif passionné et pratiquant, il est attiré
par de nombreuses disciplines puis par la conquête de l’air.
La renommée des frères Wright le décide à
passer de l’étude à la pratique. Il construit, avec
le concours du professeur Richet une machine dénommée
« Gyroplane », composée de quatre manèges
d’ailes planantes animées de -mouvements circulaires. Retenu
par un câble, cet engin, muni d’un moteur Antoinette de
45 chevaux, enlève, le 27 août 1907, 13,5 kg par cheval.
Durant l’hiver 1907-1908, il réalise un second appareil.
Ces essais sont interrompus en faveur d’autres études sur
des aéroplanes à ailes tractives, souples et repliables
qui deviennent le point de départ d’une série d’avions
de plus en plus perfectionnés qui vont faire la renommée
de l’usine Breguet. Cette dernière, victime de son succès,
déménage à Douai en août 1914.
C’est sur un modèle d’étude doté d’un
moteur de 50 chevaux Renault que Louis Breguet obtient son brevet de
pilote aviateur (n° 52) délivré par l’Aéro-club
de France. Il vole en 1909 au meeting de Douai et réalise des
performances en vol. Le 10 avril 1910, il effectue le parcours aérien
de Douai à Arras, puis participe aux manœuvres militaires
de Picardie. Cette même année, il devient détenteur
du record du monde de vitesse en avion sur un parcours de 100 kilomètres,
avec passagers.
En 1911, l’aviateur réalise le premier transport massif
de passagers avec douze personnes emportées sur un même
aéroplane, muni d’un moteur de 90 chevaux seulement. Breguet
enchaîne les manifestations aériennes. Il remporte le concours
militaire de Reims en novembre 1910 dans la catégorie biplan
et ses machines gagnent le grand prix de Monaco en 1913.
Lors de la déclaration de guerre de 1914, Louis Breguet, en
qualité de sergent aviateur, participe à la défense
du camp retranché de Paris. Il effectue de nombreuses patrouilles
au-dessus des lignes allemandes, qui lui permettent de vérifier
la réorientation des troupes allemandes vers le sud. Louis
Breguet, chevalier de la Légion d’honneur depuis 1910,
reçoit la croix de guerre. Il se consacre ensuite à
sa société de production d’aéroplanes pour
les armées alliées, dont le modèle le plus célèbre,
le Breguet XIV, est produit à plus de 8 000 exemplaires. Après
l’armistice de 1918, Louis Breguet poursuit ses activités
industrielles, avec des appareils militaires et des recherches de
records sur de nouveaux modèles. Les succès les plus
importants de ses avions seront ceux des Breguet XIX de raid, qui
feront le premier tour du monde en 1924 ou le premier Paris-New York
en 1930.
En 1952, Louis Breguet est élevé à la dignité
de grand officier de la Légion d’honneur en reconnaissance
de son action pour l’aviation française. Il décède
à Saint-Germain-en-Laye peu après.
Philippe Gras
musée de l’air et de l’espace
service des collections