Célébrations
nationales 2004
Sciences et techniques
Pour ce qui concerne sa gloire auprès des illustrateurs et défenseurs de la langue française, Jean Nicot, que Ronsard tenait pour un « personnage très sçavant », est d’abord l’inventeur de la lexicographie française. Tôt associé (avec Dupuys et d’autres) aux éditions du Dictionnaire françois latin d’Estienne, il devint ensuite le maître d’œuvre et principal auteur du Thrésor de la Langue françoyse, tant ancienne que moderne, ouvrage justement fameux auquel il s’attela dès 1573, donna son nom et ses qualités, et qui fut publié deux ans à après sa mort à Paris. En apportant des changements considérables aux méthodes des ouvrages antérieurs, Nicot établit pour l’article de dictionnaire une matrice reprise par Richelet, Furetière et l’Académie française, et qui demeure aujourd’hui encore la référence. Par cette entreprise, il apporta une multitude de renseignements sur la langue et les connaissances de son temps. C’est une somme d’informations où l’histoire de la linguistique puise encore.
Élément de la pharmacopée,
nourriture immatérielle, cette plante, « culturelle
» entre toutes, ne cessa de modifier les habitudes sociales
ou d’en créer de nouvelles, accompagnant l’homme
dans ses besoins alimentaires, thérapeutiques, sociaux, psychologiques,
économiques et politiques. Dès le XVIIe siècle,
conserver, transformer, consommer le tabac devint une industrie
et un art. Fumé par les gens de peu, prisé par les
notables, le tabac engendra un art de vivre tout en apportant de
nouveaux subsides à l’État – 1674 –
1680 : Colbert établit les monopoles de l’État
sur sa vente et sa fabrication. « Il n’est rien d’égal
au tabac, c’est la passion des honnêtes gens, et qui
vit sans tabac n’est pas digne de vivre », affirme Sganarelle. Marc et Muriel Vigié
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