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programme des manifestations
Victor Schoelcher naquit à Paris, au sein d’une famille
de fabricants de porcelaines d’origine alsacienne (Fessenheim).
Autodidacte, n’ayant fait que de courtes études secondaires,
il fréquenta dès l’adolescence les milieux littéraires
et artistiques parisiens. Après avoir effectué plusieurs
missions de représentation commerciale pour l’entreprise
familiale – dont un long séjour au Mexique via les
États-Unis et Cuba entre 1828 et 1830 – il se fit journaliste
et critique musical. Il s’engagea à cette époque
– début des années 1830 – dans le mouvement
républicain, en participant notamment à la création
de La Réforme puis en adhérant à la franc-maçonnerie.
C’est à la lutte contre l’esclavage et à
la réforme du régime colonial qu’il consacra
l’essentiel de ses activités, tout en cultivant une
dimension de musi-cologue. En 1848, il présida la Commission
d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises
(décret du 27 avril) et occupa les fonctions de sous-secrétaire
d’État au sein du ministère de la Marine auprès
de François Arago de mars à mai. Il put ainsi mettre
en application les aspects essentiels du projet de réforme
coloniale qu’il avait élaboré depuis 1840. Il
fut le promoteur d’une politique d’assimilation des
droits politiques des citoyens des colonies à ceux de la
France, tout en militant pour l’application du suffrage universel
et pour l’abolition de la peine de mort. Représentant
du peuple élu en Martinique (1848) et en Guadeloupe (1849-1850),
où le schoelcherisme devint un mouvement politique, il fut
contraint à un exil de dix-neuf ans à Londres sous
le Second Empire. Rentré à Paris en 1870, il fut nommé
colonel d’artillerie de la garde nationale pendant la guerre
franco-allemande. Réélu en 1871 comme parlementaire
colonial, il devint sénateur inamovible en 1875.
Auteur de nombreux ouvrages et articles sur les colonies françaises
et étrangères, il publia notamment Colonies françaises.
Abolition immédiate de l’esclavage, Colonies étrangères
et Haïti, Histoire de l’esclavage pendant les deux -dernières
années. En 1857 paraissait à Londres une Vie de Haendel,
compositeur dont il donna à la Bibliothèque du conservatoire
de Paris (actuel département de la musique de la B.n.F.)
l’exceptionnelle collection de manuscrits qu’il avait
réunie. En 1889, son dernier ouvrage était consacré
à une Vie de Toussaint -Louverture, pour le centenaire de
la Révolution française. Il donna à de nombreux
organismes des collections de livres et d’œuvres d’art,
permettant notamment l’ouverture d’un musée à
Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et d’une bibliothèque
à Fort-de-France (Martinique) qui portent son nom.
Schoelcher mourut à Houilles (Yvelines) en 1893. Il entra
au Panthéon le 20 mai 1949.
Nelly SCHMIDT
chercheur au C.N.R.S.
centre Roland Mousnier
Université Paris IV – Sorbonne

Portrait de Victor Schoelcher
Henri Decaisne, huile sur toile
© Mairie de Fessenheim
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