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Célébrations nationales 2004
Arts
Marguerite d’Autriche décide de faire édifier le mausolée de Brou
1504

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Parmi les productions de l’art gothique tardif de la France, « l’église » de Brou occupe une place privilégiée par l’originalité de son histoire, l’ampleur de sa construction et la richesse exceptionnelle de sa décoration à laquelle collaborèrent des maîtres d’œuvre venus de toute l’Europe.
La petite agglomération d’origine gallo-romaine de Brou survécut au moins jusqu’à l’époque burgonde. Mais peu à peu elle fut délaissée au profit du village voisin de Bourg né de la présence d’un château des sires de Bâgé. Toutefois, un lieu de culte y subsista et saint Gérard, évêque de Mâcon, y fonda un ermitage qui, par la suite, devint prieuré d’Ambronay et resta l’église paroissiale de Bourg.
En 1480, Marguerite de Bourbon fit le vœu de reconstruire cette église vétuste si son mari Philippe de Bresse, duc de Savoie, venait à guérir d’un accident de chasse. Philippe échappa à la mort, mais Marguerite décéda prématurément, en 1483, avant d’avoir accompli son vœu.

Philippe n’exécuta pas plus cette promesse et mourut à son tour en 1497. Son fils Philibert le Beau lui succéda, mais il fut victime lui aussi d’un accident de chasse et décéda rapidement au château de Pont-d’Ain, le 10 septembre 1504, jour de la saint Nicolas de Tolentin. Sa jeune épouse Marguerite d’Autriche, fille de l’empereur Maximilien, vit alors dans cette issue fatale un signe du ciel et décida aussitôt, en cette même année 1504, d’accomplir le vœu de sa belle-mère et de faire en même temps de Brou un mausolée pour Marguerite de Bourbon, pour son mari Philibert et pour elle-même.

Elle fit transférer le siège de la paroisse de Bourg dans l’ancienne chapelle Notre-Dame qui fut reconstruite à neuf et, dans le même temps, fonda à Brou un couvent qu’elle plaça sous le vocable de saint Nicolas de Tolentin et qu’elle confia aux Augustins auxquels avait appartenu saint Nicolas.
Pour accomplir son vœu, Marguerite mit autant de hâte que ses prédécesseurs avaient montré de lenteur. L’église fut terminée en 1532. Mais -Marguerite, qui résidait dans son palais de Malines, était déjà morte depuis 1530 sans avoir jamais vu son extraordinaire chef-d’œuvre.

Paul Cattin
conservateur général du patrimoine,
directeur des archives de l’Ain

Portrait de Marguerite d’Autriche, par le maître de 1499, © Musée des Beaux-Arts, Gand, Belgique
Portrait de Marguerite d’Autriche,
par le maître de 1499
© Musée des Beaux-Arts, Gand, Belgique

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