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programme des manifestations
Parmi les productions de l’art gothique tardif de la France, «
l’église » de Brou occupe une place privilégiée
par l’originalité de son histoire, l’ampleur de sa
construction et la richesse exceptionnelle de sa décoration à
laquelle collaborèrent des maîtres d’œuvre venus
de toute l’Europe.
La petite agglomération d’origine gallo-romaine de Brou survécut
au moins jusqu’à l’époque burgonde. Mais peu
à peu elle fut délaissée au profit du village voisin
de Bourg né de la présence d’un château des
sires de Bâgé. Toutefois, un lieu de culte y subsista et
saint Gérard, évêque de Mâcon, y fonda un ermitage
qui, par la suite, devint prieuré d’Ambronay et resta l’église
paroissiale de Bourg.
En 1480, Marguerite de Bourbon fit le vœu de reconstruire cette église
vétuste si son mari Philippe de Bresse, duc de Savoie, venait à
guérir d’un accident de chasse. Philippe échappa à
la mort, mais Marguerite décéda prématurément,
en 1483, avant d’avoir accompli son vœu.
Philippe n’exécuta pas
plus cette promesse et mourut à son tour en 1497. Son fils
Philibert le Beau lui succéda, mais il fut victime lui aussi
d’un accident de chasse et décéda rapidement
au château de Pont-d’Ain, le 10 septembre 1504, jour
de la saint Nicolas de Tolentin. Sa jeune épouse Marguerite
d’Autriche, fille de l’empereur Maximilien, vit alors
dans cette issue fatale un signe du ciel et décida aussitôt,
en cette même année 1504, d’accomplir le vœu
de sa belle-mère et de faire en même temps de Brou
un mausolée pour Marguerite de Bourbon, pour son mari Philibert
et pour elle-même.
Elle fit transférer le siège
de la paroisse de Bourg dans l’ancienne chapelle Notre-Dame
qui fut reconstruite à neuf et, dans le même temps,
fonda à Brou un couvent qu’elle plaça sous le
vocable de saint Nicolas de Tolentin et qu’elle confia aux
Augustins auxquels avait appartenu saint Nicolas.
Pour accomplir son vœu, Marguerite mit autant de hâte
que ses prédécesseurs avaient montré de lenteur.
L’église fut terminée en 1532. Mais -Marguerite,
qui résidait dans son palais de Malines, était déjà
morte depuis 1530 sans avoir jamais vu son extraordinaire chef-d’œuvre.
Paul Cattin
conservateur général du patrimoine,
directeur des archives de l’Ain

Portrait de Marguerite d’Autriche,
par le maître de 1499
© Musée des Beaux-Arts, Gand, Belgique
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