Célébrations
nationales 2004
Arts
Émile Mâle est le fondateur de l’histoire de l’art médiéval en France et l’un des créateurs de l’iconographie historique. Issu d’une famille modeste -originaire du Bourbonnais, il est parfaitement représentatif de la promotion par l’école qui caractérise la IIIe République. Élève de l’École normale supérieure de 1883 à 1889, où il eut pour condisciple et ami le médiéviste Joseph Bédier, il se forma intellectuellement dans un milieu républicain et dreyfusard, sans renoncer pour autant à ses convictions chrétiennes. Reçu premier à l’agrégation des Lettres en 1886, il fut attiré par l’art et la civilisation du MoyenÂge et soutint en 1898 sa thèse sur L’Art religieux du XIIIe siècle en France, ouvrage pionnier dans lequel il montre que les églises et les cathédrales médiévales ont été des instruments de vulgarisation à travers lesquels les plus hautes conceptions de la théologie et de la science étaient transmises jusqu’aux intelligences les plus humbles. De 1906 à 1923, il enseigna l’histoire de l’art médiéval à la Sorbonne et publia successivement L’Art religieux de la fin du Moyen Âge en France (1908) et L’Art religieux du XIIe siècle en France (1922). De 1923 à 1937, il fut directeur de l’École française de Rome et se consacra à l’étude de l’art religieux en Italie avec L’Art religieux après le concile de Trente (1932, 2e éd. revue et corrigée 1951) et Rome et ses vieilles églises (1942, 2e éd. 1992). Membre de l’Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres (1918), de l’Académie
française (1927), de l’Académie royale de Belgique
et de la British Academy, il se retira dans le domaine de l’abbaye
de Chaalis, dont il fut l’administrateur jusqu’à
sa mort et où il écrivit ses dernières œuvres
: La Fin du paganisme en Gaule et les plus
anciennes basiliques chrétiennes (1950) et Les Saints compagnons
du Christ (posthume, 1958). À travers l’étude des formes et des symboles, cette démarche historique lui a permis de remonter au sens contenu dans les images et jusqu’à l’âme des hommes du Moyen Âge dont elles expriment les aspirations et les pensées les plus profondes. André Vauchez
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