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Célébrations nationales 2004
Arts

Émile Mâle
Commentry (Allier), 2 juin 1862 - Chaalis (Oise), 6 octobre 1954

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Émile Mâle est le fondateur de l’histoire de l’art médiéval en France et l’un des créateurs de l’iconographie historique. Issu d’une famille modeste -originaire du Bourbonnais, il est parfaitement représentatif de la promotion par l’école qui caractérise la IIIe République. Élève de l’École normale supérieure de 1883 à 1889, où il eut pour condisciple et ami le médiéviste Joseph Bédier, il se forma intellectuellement dans un milieu républicain et dreyfusard, sans renoncer pour autant à ses convictions chrétiennes.

Reçu premier à l’agrégation des Lettres en 1886, il fut attiré par l’art et la civilisation du MoyenÂge et soutint en 1898 sa thèse sur L’Art religieux du XIIIe siècle en France, ouvrage pionnier dans lequel il montre que les églises et les cathédrales médiévales ont été des instruments de vulgarisation à travers lesquels les plus hautes conceptions de la théologie et de la science étaient transmises jusqu’aux intelligences les plus humbles. De 1906 à 1923, il enseigna l’histoire de l’art médiéval à la Sorbonne et publia successivement L’Art religieux de la fin du Moyen Âge en France (1908) et L’Art religieux du XIIe siècle en France (1922). De 1923 à 1937, il fut directeur de l’École française de Rome et se consacra à l’étude de l’art religieux en Italie avec L’Art religieux après le concile de Trente (1932, 2e éd. revue et corrigée 1951) et Rome et ses vieilles églises (1942, 2e éd. 1992).

Membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1918), de l’Académie française (1927), de l’Académie royale de Belgique et de la British Academy, il se retira dans le domaine de l’abbaye de Chaalis, dont il fut l’administrateur jusqu’à sa mort et où il écrivit ses dernières œuvres : La Fin du paganisme en Gaule et les plus anciennes basiliques chrétiennes (1950) et Les Saints compagnons du Christ (posthume, 1958).
La méthode d’Émile Mâle rompt avec l’approche purement esthétique et stylistique de l’œuvre d’art qui prévalait de son temps. Elle est fondée sur la certitude qu’au-delà des apparences visibles, celle-ci a été conçue pour manifester une pensée dont seule l’analyse iconographique peut nous donner la clé. Loin de se cantonner dans l’identification et la description des personnages, des récits ou des mythes figurés, Mâle cherche en effet à déchiffrer des représentations qui se voulaient didactiques mais qui, au cours des temps, étaient -devenues des énigmes.

À travers l’étude des formes et des symboles, cette démarche historique lui a permis de remonter au sens contenu dans les images et jusqu’à l’âme des hommes du Moyen Âge dont elles expriment les aspirations et les pensées les plus profondes.

André Vauchez
membre de l’Institut
directeur de l’École française de Rome

Émile Mâle sur la loggia du palais Farnèse (Rome), vers 1930 ? © coll. part. Gilberte Mâle
Émile Mâle sur la loggia du palais Farnèse (Rome)
vers 1930 ?
© coll. part. Gilberte Mâle

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