Célébrations
nationales 2004
Arts
Habitué des discussions du café
Guerbois, familier des cercles impressionnistes, Henri Fantin-Latour
ne s’inscrit pas dans l’histoire de ce mouvement en
dépit d’une volonté de rénovation esthétique
partagée et de son admiration pour Manet, rencontré
au Louvre en 1857. Depuis le début des années 1860, Fantin avait pris ses distances avec le réalisme de Courbet, décisif dans ses années de formation, tout en poursuivant l’idéal de peindre d’après nature mais la critique contemporaine a vu et conspué dans cette œuvre un manifeste de la jeune école réaliste. Pourtant, comme dans les grands portraits collectifs qui sont les jalons de sa carrière – Un atelier aux Batignolles (Salon de 1870, Paris, musée d’Orsay) et Le coin de table (Salon de 1872, Paris, musée d’Orsay), évocation d’un dîner des « Vilains ou Affreux Bonshommes » – c’est ici aux maîtres flamands et hollandais que se réfère le peintre, à la tradition du grand portrait de groupe et de corporation de -Rembrandt et de Hals. Depuis les années 1860, Fantin peint aussi des natures mortes mais sans obtenir la reconnaissance des amateurs et de la critique -française, qu’il trouvera dans les cercles de la bourgeoisie anglaise. Autour du piano (Salon de 1885, musée d’Orsay) clôt la série des ambitieux portraits de groupe – portraits d’histoire contemporaine. Hommage de Fantin à la musique et à Wagner, dont il avait été parmi les premiers admirateurs en France, ce tableau lui vaut enfin le succès, si longtemps espéré, au Salon et c’est en tant que rénovateur du genre du portrait – portraits intimes ou portraits collectifs – que Fantin a pris sa place dans l’histoire de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle. Marie-Pierre Salé
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