Célébrations
nationales 2004
Littérature et sciences humaines
Jean Froissart n’est pas seulement
l’auteur d’immenses Chroniques, qui couvrent la période
1325-1400, soit les origines et une grande partie de la guerre de
Cent ans. Il a aussi laissé une œuvre poétique
très remarquable et un long roman arthurien en vers, Méliador. Leur récit, qui a désormais
rattrapé l’actualité, devient celui de sa propre
enquête dans le Livre III, relation de son voyage en Béarn
et de son séjour à la cour de Gaston Phébus
(1388-1389). Malgré l’accueil aimable du roi Richard
II, un voyage en Angleterre en 1395 le laisse sur la déception
de ne plus y retrouver le monde de sa jeunesse. Rentré en
Hainaut, il refond entièrement la première partie
du Livre I des Chroniques et écrit le
Plus tard, on lui a reproché, outre des erreurs sur les faits, un manque de profondeur et une admiration dénuée de sens critique pour les fastes et les valeurs chevaleresques. Mais le dernier Livre et l’ultime récriture du premier montrent combien il a su pour finir percer les apparences. En outre, il écrit ses Chroniques comme un roman, car l’écriture romanesque est à son époque porteuse de sens. D’où une impression trompeuse de superficialité. D’où surtout le charme infini de cet écrivain prodigieux. Michel Zink
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