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Célébrations nationales 2004
Vie politique et institutions
Création de la Compagnie du chemin de fer de l’Est
21 janvier 1854

La création de la Compagnie du chemin de fer de l’Est fut l’un des six actes fondateurs des compagnies auxquelles, entre 1852 et 1857, furent -accordées des concessions groupées en six « grands réseaux » : le Nord, l’Est, le P.L.M., le Paris-Orléans, le Midi, l’Ouest. Les Français exprimèrent, dès les premières années de 1840, une adhésion enthousiaste au chemin de fer. Les fêtes d’inauguration des lignes attirèrent les foules. Le chemin de fer allait réaliser la prospérité générale, l’unité de la nation, la paix universelle.
Le premier chemin de fer expressément consacré au transport des voyageurs fut ouvert en 1837. Il reliait Paris à Saint-Germain, en s’arrêtant au Pecq. En 1842, une loi fixa les directions des neuf grandes lignes principales du futur réseau. Elles devaient joindre Paris aux extrémités du royaume, frontières ou littoral, selon une disposition en étoile, qui fut confirmée dans les années 1850. Chaque réseau fut formé de lignes convergeant vers un axe principal aboutissant à Paris. Seul le Midi, organisé autour de la ligne de Bordeaux à Sète, faisait exception. Les relations transversales étaient sacrifiées, ce qui ne fut qu’à peine corrigé par les extensions ultérieures.


La détermination des tracés opposa deux écoles. Les partisans des tracés directs voulaient, pour affermir l’État central, favoriser le commerce inter-national et assurer la défense du pays, atteindre les points extrêmes par le parcours le plus court, au risque de traverser des plateaux dépeuplés. Les -partisans des tracés indirects se refusaient à sacrifier les villes intermédiaires et voulaient répondre aux besoins réels des régions desservies. Ils acceptaient quelques détours et le passage par les vallées. Sur Paris – Strasbourg, le tracé « indirect » par la vallée de la Marne fut adopté. Ce fut le choix le plus fréquent.


Seules les grandes banques d’affaires françaises avaient pu, dans les années 1840, prendre en charge le financement des lignes à construire. Mais les relations entre elles et l’État s’engagèrent dans une impasse à partir de 1847/1848. Dès 1851, l’Empereur mit un terme à cet enlisement. Sa popularité dépendait de sa capacité à donner aux Français les chemins de fer qu’ils attendaient. Après avoir organisé le territoire en réseaux, jouissant d’un monopole, il accorda aux compagnies, par les conventions de 1859, une durée de concession très longue, de 99 ans, et une garantie d’intérêt partielle des capitaux investis. L’extension des réseaux, après 1859, fut ainsi financée par des émissions d’obligations, amortissables à très long terme, ce qui permit à la haute banque de conserver le contrôle des compagnies.
C’est ainsi que les Rothschild contrôlaient la compagnie du Nord, les Péreire celle du Midi. Dans chaque compagnie, se sont construites, à partir des politiques sociales des dirigeants, des choix techniques des ingénieurs et des cultures ouvrières locales, des cultures de réseau, qui survécurent longtemps après leur fusion dans la S.N.C.F. en 1937.

François Caron
professeur émérite à l’université
de Paris IV-Sorbonne
secrétaire général de l’Association pour l’histoire
des chemins de fer en France

Plombières-les-Bains, affiche publicitaire du chemin de fer de l’Est, par Hugo d’Alesi - début XXe siècle, © Selva / Leemage
Plombières-les-Bains,
affiche publicitaire du chemin de fer de l’Est
par Hugo d’Alesi - début XXe siècle
© Selva / Leemage

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