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Célébrations nationales
2004
>> 1804,
L’Empire
Jacques-Louis David
Paris, 30 août 1748 – Bruxelles, 29 décembre
1825
> programme
des manifestations
Le 2 décembre, lors du couronnement
de Napoléon et de Joséphine, David prit place dans une tribune
de Notre-Dame de Paris afin de croquer sur le vif la cérémonie.
Dans le célèbre tableau du Louvre, achevé à
la fin 1807 mais retouché au début de 1808, le peintre s’est
représenté dans une tribune à la droite du chœur,
juste au-dessus de celle occupée par Madame-Mère pourtant
absente lors de la cérémonie mais que l’Empereur tenait
à voir figurer sur l’œuvre. Le Couronnement
de Joséphine, pour donner au tableau son véritable
titre, marque l’apothéose tant artistique que politique de
la carrière d’un peintre qui fut un témoin actif et
privilégié des bouleversements que connut la France, du
règne de Louis XVI à la Restauration.
Pourtant, David ne fut en rien précoce et peina avant de remporter,
en 1774 et à sa quatrième tentative, le prix de Rome (Érasistrate
découvrant la cause de la maladie d’Antiochus, Paris,
École nationale supérieure des beaux-arts).L’année
suivante, l’artiste part pour Rome où il séjourne
cinq années qu’il occupe à dessiner les paysages de
Rome et de ses environs et surtout à copier les Maîtres et
les Antiques. Lorsqu’il revient en France en 1780, David a réuni
un répertoire inépuisable de formes et de sujets et acquis
une maturité qui se révèle dans son Bélisaire
(1781, Lille, musée des beaux-arts) puis, deux ans plus tard, dans
son morceau de réception à l’Académie royale,
La douleur d’Andromaque (Paris, musée
du Louvre). Ses premiers succès attirent de nombreux élèves
(Fabre, Hennequin, Wicar, Girodet, Drouais, Gros, etc.) dans son atelier
qui sera pendant plus de trente ans le plus « couru » d’Europe.
La commande d’un tableau d’histoire pour le roi le décide
à retourner à Rome.
Il y séjourne en 1784-1785 et y peint
le Serment des Horaces (Paris, musée
du Louvre) qui remporte un triomphe éclatant lors de ses expositions
à Rome puis à Paris. L’œuvre, par l’exemplarité
du sujet et sa composition dépouillée, devient une sorte
de manifeste de la nouvelle école. À son retour, il peint
la Mort de Socrate (1787, New York, Metropolitan
Museum) puis Les licteurs rapportant à Brutus
les corps de ses fils (1789, Paris, musée du Louvre)…
Pendant la Révolution, David joue un rôle important dans
la vie artistique française : élu député de
la Convention en 1792, membre du Comité d’Instruction publique,
il est le principal ordonnateur des fêtes révolutionnaires.
Régicide, montagnard proche de Robespierre, il devient membre du
Comité de sûreté générale. Son activité
politique et la rapidité de l’enchaînement des événements
l’empêchent d’achever Le Serment
du Jeu de Paume (Versailles, musée national du château).
Accusé de haute trahison à la suite de la chute de Robespierre,
David est à deux reprises emprisonné. Il conçoit
alors les Sabines (1799, Paris, musée du Louvre), hymne à
la réconciliation nationale. Nommé à l’Institut
dès sa création en 1795, David se rallie très tôt
à Bonaparte. Il est chargé de commémorer dans quatre
toiles immenses les grandes fêtes de l’Empire, mais en définitive
n’exécutera que le Couronnement
et la Distribution des Aigles (Versailles,
musée national du château). David est nommé Premier
peintre de l’Empereur le 18 décembre 1804. Ses rapports avec
Napoléon ne furent cependant pas aisés.
Le Couronnement de Joséphine,
Jacques-Louis David, huile sur toile - 1807
Musée du Louvre © RMN / Hervé Lewandowski
Le peintre n’obtint ni le poste de directeur
des beaux-arts qui aurait fait de lui l’égal de Charles Le
Brun ni les émoluments qu’il espérait et, par ailleurs,
fut forcé d’abandonner certains projets et d’en remanier
d’autres de façon importante. Ainsi, alors que son tableau
était achevé et avait été une première
fois exposé, David dut changer la figure du pape dans son Couronnement
et lui conférer une attitude plus active : le souverain pontife
donne maintenant sa bénédiction alors qu’il avait
auparavant les mains posées sur ses genoux. Napoléon aurait,
dit-on, déclaré : « Je ne l’ai pas fait venir
de si loin pour ne rien faire ».
Malgré les nombreuses commandes officielles, David n’abandonne
pas l’Antiquité et achève en 1814 son Léonidas
aux Thermopyles (Paris, musée du Louvre). Resté fidèle
à Napoléon et pour avoir voté la mort de Louis XVI,
il doit, au retour des Bourbons, s’exiler à Bruxelles où
il consacre ses dernières années à peindre des sujets
galants inspirés de la mythologie ou de la littérature antique
(l’Amour et Psyché, 1817, Cleveland, Museum of Art ; Télémaque
et Eucharis, 1818, Los Angeles, J.
Paul Getty Museum ; Mars désarmé
par Vénus et les Grâces,
1824, Bruxelles, musées royaux des beaux-arts).
S’il fut un grand peintre d’histoire, David réalisa
également de nombreux et admirables portraits – citons seulement
Stanislas Potocki à cheval (1780, Varsovie, musée national),
Lavoisier et sa femme (1788, New York, Metropolitan Museum), les Portraits
des Seriziat (1795, Paris, musée du Louvre), Madame Récamier
(vers 1800, Paris, musée du Louvre), Napoléon dans son cabinet
de travail (1812, Washington, National Gallery) ou encore le Portrait
de Juliette de Villeneuve (1824), récemment acquis par le Louvre
et dernier tableau de l’artiste. La qualité d’exécution,
la grande acuité psychologique et la sobriété des
compositions font de lui l’égal des plus grands spécialistes
du genre.
Pierre Rosenberg,
de l’Académie française,
président-directeur honoraire du musée du Louvre
Portrait de Juliette de Villeneuve
Jacques-Louis David, huile sur toile - 1824
Musée du Louvre © RMN / J.-G. Berizzi
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