2003
~ Sciences et techniques ~
> programme des manifestations Né à Saint-Rémy-de-Provence en décembre 1503, Michel de Nostre-Dame, plus connu sous son nom latinisé de Nostradamus, se fixa à Salon en 1547 et y mourut le 2 juillet 1566, non sans avoir beaucoup voyagé, y compris jusquà la cour royale à Saint-Germain. Médecin et apothicaire, il parut dabord chercher la voie de la renommée dans la littérature des recettes dont il publia un recueil (onguents et confitures) mais, dès la même année 1555, il se spécialisa dans les almanachs et les prophéties. Le succès de cette produc-tion divinatoire fut immédiat et foudroyant, dans lun et lautre de ses deux volets : jusquà la fin de sa vie, Nostradamus a lancé chaque année, sur un marché extrêmement disputé, lalmanach de lannée suivante, selon la formule qui sétait mise en place dès la fin du XVe siècle (calendrier et prévisions astrologiques et météorologiques) et, dans le même temps, il composait ses Centuries, recueil de quatrains prophétiques en français qui ont assuré la réputation de leur auteur tant de son vivant que jusquà nos jours. Sur le plan astrologique, Nostradamus se révèle pourtant un assez médiocre praticien : il maîtrisait mal le calcul des positions des planètes, et se contentait de domifications approximatives, de sorte que ses horoscopes auraient dû manquer de crédibilité ; mais sa réputation rassurait sa clientèle. On conserve une collection de ses lettres professionnelles, organisée et mise en forme par un secrétaire sous sa direction, lettres en latin pour la plupart, qui savèrent passionnantes par léclairage quelles apportent à ce type de relations et à la confiance dautant plus aveugle que lui faisaient ses correspondants quil leur donnait des consultations quils comprenaient difficilement. Pour la rédaction de ses Centuries, Nostradamus a parfaitement assimilé la règle de base de toute littérature prophétique : rester suffisamment abscons pour que les calamités annoncées puissent se comprendre de plusieurs façons et donner par conséquent toujours raison à leur annonceur. De sorte que loeuvre du prophète de Salon a alimenté une bibliographie considérable de commentaires ; et il y a encore des nostradamistes convaincus qui, ayant vu dans tel ou tel quatrain la prédiction dun événement attesté par lhistoire, prétendent trouver la clef de lavenir dans ces textes rédigés dans une langue incertaine et équivoque dont les spécialistes ont pourtant facilement démontré que les fautes dimpression, les contrefaçons et les innombrables variantes dune édition à lautre ne pouvaient garantir lauthenticité. La multiplication de ces commentaires sest faite au détriment de ce que pourrait être une exploitation utile de tout ce fatras prophétique ; car, sur la tradition textuelle à lâge de limprimerie, sur lhistoire de limpression populaire au XVI e siècle, sur celle de la sociologie, sur les sources littéraires ou techniques de linspiration de Nostradamus, ses Centuries peuvent être une mine dinformations si on veut bien les interroger comme il convient. Emmanuel Poulle ![]() Une des nombreuses représentations de Nostradamus vulgarisées au cours des siècles. Ici, image de Pellerin, imprimeur-libraire à Epinal © Rue des Archives - The Granger collection - Sommaire
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